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 Quand l'onmyôdo rencontre le kenjutsu. [PV Tomoe]

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Clan Miyamoto
Tokiwa Shiori
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MessageSujet: Quand l'onmyôdo rencontre le kenjutsu. [PV Tomoe]   Mer 28 Oct - 1:39

Les rues d’Hakune étaient bien d’avantage envahies des fleurs de cerisiers envolées de leurs branches que de population. Ca avait toujours été une ville plutôt calme, et la fin de l’après-midi devait aider. Les grandes heures de la modeste agitation que la ville pouvait connaitre s'étaient déjà écoulées.
Je les traversais sans presser le pas. J’avais un rendez-vous prévu pour l’heure à venir. Pas d’exacte précision, puisque la personne avait fait un long voyage et c’était difficile de prévoir quelque chose à la minute près. J’avais volontairement pris le parti de me mettre à portée de la porte nord d’Hakune en prenant une avance assez large. Puisque j’étais déjà sur place, il allait de soi qu’un retard de ma part aurait été du plus mauvais effet. Et la politesse est la première voie vers le respect. Et dans le clan Miyamoto, on traitait les invités avec le respect qui leur était dû.

Et en l’occurrence, une onmyôji venue d’Iwami était une invitée de marque. Chef de son clan, en plus, si j’en croyais la présentation sommaire que l’on m’avait faite de cette femme.
L’onmyôdô était une pratique qui se faisait, à mon avis, trop rare. Et même si ses praticiens étaient encore respectés, ils n’étaient plus aussi populaires qu’ils avaient pu l’être. Si on ne prenait pas garde, ce serait une autre tradition et une autre valeur qui se perdrait avec les années. Les hommes avaient bien trop souvent tendance à oublier qu’ils n’étaient pas seuls sur terre, et à prêter leurs sens à ceux qui les entouraient. C’était une qualité qu’avaient les onmyôji, en l’occurrence. Je devais bien avouer n’en avoir jamais rencontré en personne, d’ailleurs. J’espérais parvenir à dissimuler mon intérêt et ma curiosité et à ne pas trop l’ennuyer. Ou l’assommer à coup de questions. Protéger quelqu’un, c’était facile, mais distraire sans être lourd, c’était autre chose. Être de bonne compagnie était un art qu’on ne m’avait pas enseigné dans les moindres détails.
Or, et même si c’était une escorte qui avait été demandé, il allait falloir donner une bonne image du clan Miyamoto.

J’étais proche de la porte nord. Un coup d’œil circulaire à la rue me révéla qu’un brasseur était situé pas très loin. J’entrais sans trop me faire prier, et un homme vint à ma rencontre. Après un salut dans les formes auquel je répondis, il s’enquit :


‘’ Monsieur, que pouvons-nous faire pour vous ? ‘’

‘’ Je me demandais si vous serviez aussi du thé ? ‘’

‘’ Bien entendu, quel type de préparation souhaitez-vous ? Venez, je vais vous installer à un endroit tranquille. ‘’

‘’ A vrai dire, j’aimerais le déguster dehors si cela ne vous dérange pas. J’attends quelqu’un et je tiens à ne pas manquer cette personne. Pour le thé, je vais vous faire confiance, celui dont vous êtes le plus fier me conviendra parfaitement. ‘’

Il s’inclina pour me signifier son accord. Avant de sortir, je déposais quelques pièces sur le comptoir, et j’attendis, assis en tailleur sur un petit muret, qu’on m’apporte le breuvage. Et je passais une bonne dizaine de minutes, tasse en main, à observer calmement l’horizon au-delà de la porte. C’était assez inhabituel que je reste posé aussi longtemps, pour d’autres occasions qu’une prière ou une méditation. Ce n’était d’ailleurs pas désagréable.
Quand je vis une silhouette solitaire se découper sur l’horizon, je me levais. Et en reconnaissant une femme, vêtue d’un chapeau, je déposais ma tasse. Je tiquais tout de même, assez mécontent, en
m’approchant. Je fis un signe aux gardes en faction pour leur indiquer que je me chargeais de tout. Ils n’en demeurèrent pas moins à proximité.
Je fis une rapide révérence quand la dame fut à ma hauteur.


‘’ Dame Bashôsen je présume. Si j'avais su que vous veniez seule, je serais venue à votre rencontre ... Mes excuses. Je suis Shiori. Je serais votre escorte, et votre guide pour toute la durée de votre visite. ‘’

Je me demandais ce qu’elle pouvait bien penser d’une seule personne en guise d’escorte. Afin de la mettre en confiance, à l’aise, ou même de lui montrer qu’on cherchait à l’honorer, je rajoutais :

‘’ Miyamoto-sama m’a personnellement sélectionné parmi sa garde rapprochée afin de remplir ce rôle. Considérez, pendant votre séjour, que vos désirs sont des ordres. ‘’

Jusqu’à une certaine limite. Mais ça, ce n’était pas vraiment à préciser. Enfin, faire bonne impression quand on est plus petit que son interlocutrice, en tant que samouraï, nécessitait quelques enluminures.
Je lui tendais le bras gauche, et lui désignait la rue du plat de la main droite.


‘’ Votre voyage s’est bien passé ? Peut-être êtes-vous fatiguée ? ‘’
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Clan Uesugi
Bashôsen Tomoe
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MessageSujet: Re: Quand l'onmyôdo rencontre le kenjutsu. [PV Tomoe]   Mer 28 Oct - 21:04

Lorsque L'onmyoji en chef s'était levée, le calme des lieux étaient bien plus présent qu'à l'accoutumé. Aucun conseil venant d'un adulte pour aider les jeunes recrus, juste le son du vent contre les murs. C'était aujourd'hui qu'elle devait se rendre à la ville d'Hakune, il lui fallait diverses outils et rendre visite à un ami de la famille. Makoto avait réussi à lui dénicher chez les Miyamoto un contrat avec un mercenaire pour ne pas avoir à craindre pour la sécurité de leur chef. Si attentionné ce petit... La jeune femme soupira avant de se préparer, retirant les bandages lui ayant servis à empêcher le sang de tâcher ses affaires ainsi que le mobilier et observant la couleur de son œil, encore légèrement noir par endroit, alors même que sa migraine ne fut pas totalement évincée elle aussi. Un nouveau soupire s'échappa de ses lèvres alors que la paume de sa main vint se placer sur sa pommette. Elle ne regrettait pas ce don, malgré les changements physiques qui s'étaient opérés en une nuit et les douleurs atroces, elle pouvait rendre la santé à des souffrants.

Ses doigts glissèrent jusqu'à sa joue, touchant son tatouage, soulevant la tête pour en apercevoir la suite, le reste encore camouflé sous ses vêtements. Ce tatouage était presque une farce en sachant ce qu'elle était devenue. Un fin sourire vint prendre place sur ses lèvres alors qu'elle s'écartait de son miroir, récupérant son sac de voyage avant d'ouvrir la porte de ses appartements. Le vent vint jouer avec ses cheveux alors qu'elle refermait derrière elle, prenant ensuite la direction de la sortie ou l'attendait une charrette sommaire, suffisante pour le léger trajet qu'elle devrait faire. Son chapeau se posa nonchalamment sur sa tête, laissant le bénéfice du doute à son futur employé de la journée. Attendre qu'il soit en face d'elle pour avoir l'expression de surprise en tant que spectateur de premier rang. Grimpant dans son véhicule, attendant que tout soit prêt pour enfin démarrer le trajet, une joue posée sur sa main.

Un voyage sans embuche, sans fioriture, il fallait dire que Tomoe n'aimait pas être au centre des discussion ou des visions, la foule n'étant pas son plus grand ami, elle préférait les petits comités, comme elle avait du le rappeler à son suivant et à d'autres, souhaitant l'accompagner. Ceci en découla la demande de mercenariat. Un seul devrait être suffisant, surtout s'il vivait là-bas ou du moins, proche enfin du moins, l'espérait-elle. Elle ne savait pas qui viendrait la récupérer, ni comment il allait la reconnaître elle. Ses yeux fixèrent le paysage, tout du long, jouant parfois avec une mèche de ses cheveux pour faire passer le temps. La porte se profila alors doucement à l'horizon, laissant un étrange sentiment d'attente, souhaitant arriver au plus vite, au vu du soleil se couchant lentement.

Lorsque enfin, son pied toucha le sol d'Hakune, son regard s'illumina devant ces cerisiers et cette nouvelle vue. Elle entama la marcha, attendant sans doute le moment où le jeune homme viendrait à sa rencontre. Les passants la regardèrent avec une certaines surprise mais n'en firent pas des tonnes, ils n'avaient de toutes façons pas la possibilité de la regarder dans les yeux pour l'instant. Elle remarqua la proximité soudaine des gardes, mais fit comme si de rien n'était, sortant l'un de ses tessen et le posant sur son menton, comme à son habitude. Un jeune homme s'approcha également d'elle, de manière moins discrète, avant de s'incliner devant elle.

‘’ Dame Bashôsen je présume. Si j'avais su que vous veniez seule, je serais venue à votre rencontre ... Mes excuses. Je suis Shiori. Je serais votre escorte, et votre guide pour toute la durée de votre visite. ‘’

Un fin sourire se dessina sur son visage. Il était donc seul.Tant mieux. Son suivant avait donc bien jouer pour une fois.

‘’ Miyamoto-sama m’a personnellement sélectionné parmi sa garde rapprochée afin de remplir ce rôle. Considérez, pendant votre séjour, que vos désirs sont des ordres. ‘’

-Je suis honorée par cette attention de sa part, Shiori. Vous la remercierez de ma part. Il ne devrait pas y avoir d'autre personne n'est-ce pas ? Si nous sommes seulement deux, nous devrions éviter de nous faire plus remarquer qu'à plusieurs, chose que je veux éviter.

Elle l'observa quelques instants, sans chercher à se moquer de manière subtil du moindre défaut physique qu'il aurait pu avoir. Même si sa taille était quelque peu plus petite de celle d'un homme d'âge adulte. Elle pouvait presque le regarder dans les yeux sans lever la tête. L'Onmyoji fixa son bras sans rien dire.

‘’ Votre voyage s’est bien passé ? Peut-être êtes-vous fatiguée ? ‘’

La jeune femme posa ses doigts sur le bord du chapeau avant de l'enlever, laissant visible son visage, un léger sourire collé dessus avant de prendre avec une certaine retenue son bras tendu. Elle savait très bien qu'il ne s'attendait pas à voir ça, et peut-être quand la sachant proche il aurait envie de s'enfuir, qui sait. Les gens étaient parfois étranges, mais si amusant. Une chance que le soleil ne soit pas trop haut et empêche la jeune femme de laisser sa peau déjà trop blanche sans protection.

-Avant tout... Dame Tomoe me suffit amplement. Quant à mon voyage, je n'ai eu aucun soucis, et pas de fatigue notable à présenter, nous pouvons commencer la visite si vous le souhaitez, le soleil n'est déjà plus très haut je le crains. Alors... Par où commençons-nous, Shiori-san ?

Son regard doré se posant sur lui, attendant sans doute de connaître le lieu de leur visite.
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Clan Miyamoto
Tokiwa Shiori
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MessageSujet: Re: Quand l'onmyôdo rencontre le kenjutsu. [PV Tomoe]   Jeu 29 Oct - 2:42

Je hochais la tête à ses premières paroles. J’étais avant tout plutôt rassuré, puisqu’il semblait que je ne m’étais pas trompé de personne. Je m’étais fié aux habits, au fait que ce soit une femme, et à l’étrange aura qu’elle dégageait, mais même si le tout me paraissait vraisemblable, le quiproquo n’était pas exclu. Par bonheur, je n’avais pas fait de bourde. Si j’avais accosté une autre femme de manière aussi cavalière, j’aurais été bon pour que des rumeurs inutiles se mettent à courir à mon sujet dans tout Hakune. Et je connaissais au moins deux personnes qui se seraient empressées de me rappeler la mésaventure à la moindre occasion. Bref, je venais de voir s’envoler les moqueries et les sifflements auxquels j’aurais eu le droit. La prochaine fois, je penserais à attendre que mon interlocuteur ait attesté de son identité avant de débiter le reste de mes paroles.
En tous cas, elle avait l’air satisfaite que nous ne soyons que deux. Tant mieux, ça m’éviterait d’avoir à argumenter sur le sujet. J’acquiesçais.


‘’ Ce n’est pas que nous prenons votre demande à la légère. C’est effectivement plus discret et, surtout, les rues d’Hakune ne sont pas dangereuses, surtout si je suis à vos côtés. ‘’

Un moment d’hésitation s’empara de moi quand je la vis regarder mon bras, me semblait-il de travers. J’avais mal agit ? J’avais trouvé ce geste plutôt galant, mais peut-être qu’elle l’avait pris autrement ? Quand elle l’attrapa, je retins un soupir de soulagement. J’avais fermé les yeux pendant ce léger laps de temps, et bien mal m’en pris. Quand je les rouvris sur le visage de la jeune femme, j’eus pour ainsi dire un mouvement de recul, et mon expression dessina, quelques instants, une sorte de fusion de surprise et de peur. Il fallait bien l’avouer, sur le coup, il y avait bien d’avantage de surprise qu’autre chose. Quand j’avais commencé à lui parler, j’avais dessiné mentalement ce à quoi elle ressemblait pour moi. La réalité était toute autre, et c’était toujours un choc.
Le tatouage qui descendait au bas de la joue, vers le col de Tomoe, ne me fit ni chaud ni froid. J’avais vraiment l’habitude des tatouages, depuis que j’étais arrivé à Hakune, et ça faisait bien longtemps que j’avais épuisé mon stock de questions sur leur compte.
Par contre, les yeux jaunes étaient saisissants. Les iris fendus, la couleur vive. J’avais presque l’impression de regarder, nez à nez, un serpent. C’est le bras qui tenait encore le mien qui me ramena à la raison, et à la contenance. Me permit de prendre du recul, et de regarder à nouveau l’ensemble du visage de Tomoe, et pas seulement ses yeux.


‘’ Je … Navré. La couleur de vos yeux m’a surpris. ‘’

J’ouvris la bouche, comme pour ajouter quelque chose … mais quoi au juste ? Bien entendu que je me posais des questions. Est-ce qu’elle était née comme ça ? Est-ce que c’était une sorte de conséquence de la pratique de l’onmyôdô ? Ce n’était sans doute pas une malédiction, sinon la rumeur ce serait répandue, ou quelque chose dans ce goût-là. De plus, elle ne semblait pas être une mauvaise personne. Sans doute qu’il n’y avait pas là quelque chose qui puisse influer sur son entourage. Elle devait même en souffrir plus que ceux qui l’entouraient.

‘’ Je ne vous cache pas que je vais sans doute avoir besoin d’un peu de temps pour m’habituer. Ils sont vraiment étourdissants et singuliers. ‘’

Eh bien voilà, typiquement le genre de bêtises que je pouvais déblatérer au lieu de tenir ma langue. Les termes n’étaient pas du tout insultants, mais sonnaient presque faux, ou étrange. On voyait bien que ça m’avait un peu perturbé. Bon, au moins avais-je réussi à ne pas en faire des tonnes non plus. La majorité des gens devaient carrément prendre peur lorsqu’elle retirait son chapeau. Je regardais autour de moi. C’était pour cette raison qu’elle avait besoin de quelqu’un pour l’escorter ? Ou c’était simplement parce qu’un peu de compagnie lui faisait défaut dans cette cité ? En tous cas, c’était deux bonnes raisons de me montrer sympathique. S’il en avait fallu une supplémentaire de celles qu’impliquaient déjà mon rôle.
J’eus mon deuxième hoquet de surprise quand elle m’interrogea sur le lieu où nous allions nous rendre. Quoi ? C’était à moi de choisir ? Je m’attendais d’avantage à avoir à jouer le petit toutou et le guide touristique, pas à organiser l’après-midi.
Je fus tenté de lui demander si elle n’avait vraiment pas de préférence, mais je me rendis vite compte que c’était un peu stupide. Si elle m’avait relégué cette tâche, c’était qu’elle ne répondrait pas à cette question.


‘’ Hum … Même si vous me dites que vous n’êtes pas fatiguée, je suis tenté de vous proposer d’aller boire quelque chose avant tout. Si vous voulez, nous pouvons combiner ça à une promenade dans le grand jardin qui s’étend à l’ouest du quartier commercial. Les cerisiers en fleurs sont déjà très beaux rien qu’en parcourant les rues. Mais il y a là-bas deux rangées entières et je dois bien avouer que le spectacle est particulièrement remarquable. Je n’hésiterais pas à affirmer que c’est l’endroit le plus beau de cette ville. Ce serait dommage de ne pas le voir avant que le soleil ne se couche, son charme est bien moins efficace une fois la nuit tombée. ‘’

Je mélangeais quelques tournures de phrases dans ma tête avant d’achever, hésitant :

‘’ Qu’en pensez-vous, Dame Tomoe ? ‘’
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Clan Uesugi
Bashôsen Tomoe
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MessageSujet: Re: Quand l'onmyôdo rencontre le kenjutsu. [PV Tomoe]   Ven 30 Oct - 22:16

‘’ Ce n’est pas que nous prenons votre demande à la légère. C’est effectivement plus discret et, surtout, les rues d’Hakune ne sont pas dangereuses, surtout si je suis à vos côtés. ‘’

-Je n'ai jamais sous-entendu une telle chose, soyez sans crainte. Et même si cela avait été le cas, je ne l'aurais pas pris ainsi. Leva-t-elle la main pour lui signifier que ça allait.

Elle ne put cependant pas se retenir un petit rire en le sentant reculer d'elle, s'attendant tout de même à ce genre de réaction de sa part. Ca avait été facile de prédire ce qu'il allait faire, mais le voir se réaliser avait ce petit plus qui avait pu la faire sourire, faisant briller ses pupilles d'une lueur taquine, alors que leur pupille ne s'amincisse. Peut-être allait-elle le surprendre d'avantage. Il est vrai que venant du territoire du phénix, croiser quelqu'un avec ce genre de particularité pouvait ébahir. Elle le laissa la regarder, ne bougeant pas d'un poil ou plutôt d'un cil, ne bougeant que ses pupilles d'un œil à l'autre suivant les siens pour voir ce qu'il observait. Voir les sentiments qui pouvaient le traverser

‘’ Je … Navré. La couleur de vos yeux m’a surpris. ‘’

-Je n'en doute pas, c'est peut-être la seconde chose qui attire 'œil chez moi, mais c'est bien celle qui retient le regard.

‘’ Je ne vous cache pas que je vais sans doute avoir besoin d’un peu de temps pour m’habituer. Ils sont vraiment étourdissants et singuliers. ‘’

-Je prendrais ça comme un compliment, la rareté est quelque chose qu'il vaut mieux préserver et se rendre fier non ? Je suis d'ailleurs sure que comme d'autres, vous vous demandez si je suis née ainsi. J'aurais envie de jouer le jeu du mystère, mais je vous répondrais que non. Certains pourraient dire que c'est une malédiction, pas pour moi. Agir de manière égoïste n'était pas le meilleur des choix. Ca peut réserver biens des surprises, plus ou moins joyeuses.

Et elle se stoppa là. Laissant un peu planer le mystère. Tomoe brisa le contact visuel en détournant les yeux, puis la tête, fixant droit devant elle, se rappelant simplement de ses yeux un peu ambrés et ses cheveux bruns. Drôle de changement. La jeune femme se souvient avoir eu marre de ces choses là, et d'avoir tenté de couper ses cheveux, se faisant arrêter par sa mère les lui arrangeant pour finalement garder cette coiffure particulière, Coupant court à son ancienne apparence pour revêtir celle-ci, beaucoup plus à son image, se muant dans cette carapace qu'elle avait su se forger pour se protéger des autres. Le territoire qui l'avait vu naitre avait su la croire et l'accepter pour la plupart et grand bien cela lui avait fait. Un sourire bien plus vrai naquit sur ses lèvres attendant d'être coupée de ses pensées par le choix de destination qu'avait choisi pour elle le mercenaire.

‘’ Hum … Même si vous me dites que vous n’êtes pas fatiguée, je suis tenté de vous proposer d’aller boire quelque chose avant tout. Si vous voulez, nous pouvons combiner ça à une promenade dans le grand jardin qui s’étend à l’ouest du quartier commercial. Les cerisiers en fleurs sont déjà très beaux rien qu’en parcourant les rues. Mais il y a là-bas deux rangées entières et je dois bien avouer que le spectacle est particulièrement remarquable. Je n’hésiterais pas à affirmer que c’est l’endroit le plus beau de cette ville. Ce serait dommage de ne pas le voir avant que le soleil ne se couche, son charme est bien moins efficace une fois la nuit tombée. Qu’en pensez-vous, Dame Tomoe ? ‘’

-Je pense que c'est un bon emploi du temps. Enfin, avant de commencer, ne me prenez pas en pitié. J'ai eu droit à beaucoup de réaction à cause de mon physique. Mais je n'ai pas envie d'avoir un hypocrite à mes côtés, mais quelqu'un qui sait rester nature même le temps d'une visite. Si vous avez encore quelques soupçons à mon égard, sachez que je crache du venin seulement sur ceux qui ne me plaisent pas. Les autres je les aide comme je le peux. Maintenant allons-y.

Elle prit les devants, espérant le faire avancer également pour débuter la visite, et voir ces lieux qui lui étaient si inconnus. Déjà, les cerisiers lui avaient donné un air d'enfant. Leurs pétales virevoltaient un peu partout et Tomoe en récupéra un dans le creux de sa main, le touchant du bout des doigts. Pas que ce soit inconnu pour elle, mais c'était toujours aussi beau, qu'importe l'endroit où le nombre de fois vécu.
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Clan Miyamoto
Tokiwa Shiori
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MessageSujet: Re: Quand l'onmyôdo rencontre le kenjutsu. [PV Tomoe]   Lun 2 Nov - 11:58

Allez quoi, Shiori. Reprends-toi. On t’a pourtant appris que dévisager quelqu’un était très impoli. Surtout que c’était une femme, et d’un rang plus haut que le mien. J’avais beau me dire ça, je ne pouvais pas vraiment m’en empêcher. Ce qui est inhabituel retient le regard, mon interlocutrice avait raison sur ce point. J’avoue que la voir rire de ma réaction, et l’entendre parler de cette particularité physique sans aucune pression me dénoua un peu l’estomac : au moins ne l’avais-je pas vexée. Ou alors elle n’en montrait rien ? Il n’y avait pas de vraie raison à ça, elle aurait pu me le reprocher sans que je ne puisse rien faire d’autre que lui demander pardon. Je préférais croire que l’habitude avait fait que ma réaction avait glissée sur elle et l’avait laissée indifférente.

Elle répondit à une question que je n’avais pas formulée, en me disant qu’elle n’était pas née ainsi. Je souris à la fin de sa tirade : elle ne voulait pas jouer les mystérieuses, donc elle me parlait de sa particularité. Mais elle rajoutait une couche de mystères, avec des phrases énigmatiques juste après l’avoir affirmé. Je ne me fatiguerais cependant pas à chercher le sens de tout cela, même si je retiendrais soigneusement ce qu’elle venait de me dire. Je n’y voyais pas de sens, et ce serait sûrement la même chose, quand bien même je réfléchirais pendant des jours. Elle souhaitait garder une part de mystères, soit. Je pouvais respecter ce choix.

‘’ Vous pouvez le prendre comme un compliment. Ce n’était pourtant ni cela, ni un reproche non plus. Je me cantonne à un simple fait. C’est peut-être étrange de vous dire ça, mais l’homme qui m’a appris le Bushido et l’art du sabre était quelqu’un qui aimait parler avec des détours. Sa plus grande faculté, c’était sa mémoire. Et il était friand de proverbes. Je pense qu’il en connaissait des milliers, peut-être même plus. J’en ai retenu quelques-uns, et j’en ai un qui définit parfaitement le constat que je fais de la couleur de vos yeux. « On ne bat pas le loup parce qu’il est gris. Mais bien parce qu’il mange le bétail. ». ‘’

Vraiment, avec le temps, je ressemblais de plus en plus à Tokagiri. Voilà que quand je ne savais pas comment exprimer quelque chose que je pensais ou que je ressentais, je me mettais à clamer des proverbes. Et le pire, c’est que cela m’arrivait de plus en plus souvent. Mais je n’y pouvais rien : bien souvent, ils exprimaient en une seule phrase ce que je n’aurais pas pu dire en balbutiant pendant dix minutes. En plus, il m’avait tellement gavé de ces phrases pendant mon entrainement, que j’en connaissais sans doute des centaines. Certes, j’étais très loin d’en avoir un pour répondre à n’importe quelle situation comme il pouvait le faire, mais bon … Avec le temps, je me rapprochais de plus en plus de cette possibilité.
Nous allions nous mettre en route, quand la jeune femme me lança un avertissement assez soudain : elle ne voulait pas d’hypocrisie. Je me retins de lui dire que de toute façon, je ne savais pas mentir. Autant ne pas lui dévoiler ça à la légère. C’était une arme importante, contre moi. Un peu trop.


‘’ Je ne vois pas pourquoi je vous prendrais en pitié, Dame Tomoe. Vous êtes chef de clan, vous exercez une profession respectée, et vous êtes une belle femme. En plus, vous semblez avoir admirablement bien accepté votre différence physique. Vous n’êtes clairement pas à plaindre. ‘’

Cracher du venin … Et des yeux de serpent. Elle se considérait comme tel ? Un serpent ? Je la connaissais très peu, mais le serpent est le symbole de la fourberie. De la traitrise. Elle se revendiquait comme telle ? Elle voulait dire que ce qu’elle montrait n’était qu’une apparence ? Et puis ‘ceux qui ne me plaisent pas’. C’était bien vague. Ne pas plaire, c’était arbitraire. Comment savoir si le bien et la justice entrecroisait ses goûts ?
C’était bien étrange de le clamer alors que je n’aurais sans doute pas fait attention, en tous cas. Elle voulait que je me méfie ? Bah, de toute manière, tant que je n’avais pas de preuves, j’étais du genre à rester sur mes gardes en permanence. Se montrer poli, ce n’était pas se détendre complètement et cesser de se méfier. Ou seulement jusqu’à un certain point.


Comme c’était la fin de l’après-midi, et que la chaleur retombait, certains commerçants commençaient à ouvrir leurs fenêtres et à laisser rentrer la fraicheur de la fin de journée. C’était le  moment rêver pour aérer les boutiques, alors que les vagues les plus importantes de clients de la seconde moitié de journée arrivaient.
Je me dirigeais vers l’une de ses fenêtres, derrière laquelle une jeune femme semblait observer calmement les passants.


‘’ Excusez-moi ? ‘’
‘’ … Oh, pardonnez-moi Monsieur, j’étais plongée dans … Enfin, peu importe. ‘’
‘’ Ce serait possible de vous emporter deux thés ? ‘’
‘’ Oui mais, les tasses … ‘’
‘’ Je vous les ramènerais. Et je vous laisserais un peu d’argent en plus pour le cas où j’oublierais. De quoi en racheter deux. ‘’
‘’ Très bien … ‘’

Je ne roulais pas non plus sur l’or. Pas assez pour le gaspiller pour deux tasses en tous cas, j’étais quasiment certain que je penserais à les lui ramener. Peut-être seulement demain, par contre. Ou dans les prochains jours. Je n’étais pas spécialement pressé.
Je tendis l’un des deux breuvages à Tomoe, avant de reprendre la route, pour l’amener vers le jardin.


‘’ Vous venez de loin, vous avez sans doute dû voir une autre ville qu’Hakune. Nagoya ? Ou Kyoto peut-être ? Pour moi, Hakune est la plus belle de toutes, mais c’est peut-être parce qu’à part elle, je n’ai jamais vu que des villages. Je serais curieux de savoir ce que vous en pensez : vous avez un avis extérieure, et sans doute plus riche d’expérience que le mien sur le sujet. ‘’

Je lâchais le bras de la jeune femme pour lui désigner du plat de la main le jardin, et les deux colonnes de cerisiers qui le formaient. Des bancs en pierre le sillonnaient, et toutes sortes de personnes prenaient place sur ceux-ci, ou se levaient pour s’en aller. Une vieille femme et un tout jeune garçon, deux soldats qui cassaient la croûte, un couple qui semblait émerveillé par le moindre détail, ou encore une mère et sa fille qui le traversaient avec un sac chargé sur les épaules chacune.

‘’ En tous cas, ne répondez pas avant d’avoir vu ça, s’il vous plait. Je pense que c’est la meilleure chance d’Hakune de rafler la première place ! ‘’
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Clan Uesugi
Bashôsen Tomoe
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MessageSujet: Re: Quand l'onmyôdo rencontre le kenjutsu. [PV Tomoe]   Ven 6 Nov - 22:43

‘’ Vous pouvez le prendre comme un compliment. Ce n’était pourtant ni cela, ni un reproche non plus. Je me cantonne à un simple fait. C’est peut-être étrange de vous dire ça, mais l’homme qui m’a appris le Bushido et l’art du sabre était quelqu’un qui aimait parler avec des détours. Sa plus grande faculté, c’était sa mémoire. Et il était friand de proverbes. Je pense qu’il en connaissait des milliers, peut-être même plus. J’en ai retenu quelques-uns, et j’en ai un qui définit parfaitement le constat que je fais de la couleur de vos yeux. « On ne bat pas le loup parce qu’il est gris. Mais bien parce qu’il mange le bétail. ». ‘’

La jeune femme se mit à sourire, trouvant sa réponse assez convaincante et rapide. Enfin assez rapide pour ne pas l'ennuyer pendant de longues minutes en attendant de comprendre précisément le balbutiement qu'il aurait pu piailler en espérant peut-être se faire bien voir par la chef du clan Bashosen, ce qui aurait pu en soi, être sacrément triste. Et en même temps drôle, il fallait bien l'admettre, même si ça aurait fini par l'ennuyer profondément de ne pas comprendre, ou de comprendre ou il voulait en venir sans pour autant arriver au bout de sa pensée. Ce qui pourrait finir par être assez frustrant au final et gâcherait une partie de la visite. Chose qui ne serait pas bien vu pour lui de la part de sa chef, n'est-ce pas ?

‘’ Je ne vois pas pourquoi je vous prendrais en pitié, Dame Tomoe. Vous êtes chef de clan, vous exercez une profession respectée, et vous êtes une belle femme. En plus, vous semblez avoir admirablement bien accepté votre différence physique. Vous n’êtes clairement pas à plaindre. ‘’

-N'en faites pas trop Tokiwa-san, je risquerai de prendre goût à ces éloges et ça ne serait pas le mieux pour l'image de mon clan ainsi que pour moi-même. Je n'ai pas eu d'autre choix que d'accepter cette différence, comme vous l'avez dit, je suis chef de clan, je me dois de montrer un certain exemple en exposant cette différence et gardant un certain contrôle de moi-même. Se découvrir ce genre de chose dans un clan se tournant vers 'ésotérisme et le mystique n'est pas une chose facile, croyez moi.

Elle avait même découvert que certain l'avaient cru possédé par un esprit malveillant ou manipulée par le dieu serpent et aurait tenté de l'aider en priant pour elle, visiblement sans succès quand on voit qu'elle avait gardé le même petit soucis apparent. Cela lui avait mis un léger baume au cœur, même si d'un autre côté les membres de son clan, même après l'avoir côtoyé après l'évènement de son père avait tout de même souhaité garder un minimum de distance avec elle. Pas qu'elle aurait pu leur en vouloir, certains n'avaient pas le même esprit aussi ouvert que le sien et devaient prendre plus de temps pour se remettre de ce genre de changement. Sa mère avait vu le changement se produire sous ses yeux et avait clairement eu le temps d'adaptation le plus rapide. Enfin bref...

La jeune femme laissa ses yeux se poser sur les divers commerçants puis sur le soleil se couchant lentement. Ca serait donc bientôt le temps où la jeune femme aurait le droit d'utiliser son don, si jamais cela devait arriver. D'un certain côté, cela la confortait de savoir qu'elle serait sur place au bon moment de la journée au cas ou. Sa main libre se posa sur son œil droit avant de la laisser se remettre contre sa cuisse.

‘’ Excusez-moi ? ‘’
‘’ … Oh, pardonnez-moi Monsieur, j’étais plongée dans … Enfin, peu importe. ‘’
‘’ Ce serait possible de vous emporter deux thés ? ‘’
‘’ Oui mais, les tasses … ‘’
‘’ Je vous les ramènerais. Et je vous laisserais un peu d’argent en plus pour le cas où j’oublierais. De quoi en racheter deux. ‘’
‘’ Très bien … ‘’

Tomoe sortit d'une petite bourse quelques pièces en attendant de le voir revenir et les lui donnant sans chercher à avoir un refus, prenant sa tasse en échange

-En supplément du contrat, ne refusez pas.

Ils reprirent la route vers le jardin, début de leur petite escapade, après la tasse de thé.

‘’ Vous venez de loin, vous avez sans doute dû voir une autre ville qu’Hakune. Nagoya ? Ou Kyoto peut-être ? Pour moi, Hakune est la plus belle de toutes, mais c’est peut-être parce qu’à part elle, je n’ai jamais vu que des villages. Je serais curieux de savoir ce que vous en pensez : vous avez un avis extérieure, et sans doute plus riche d’expérience que le mien sur le sujet. ‘’

-J'ai déjà vu Nagoya pour des affaires. Elles ont chacune des qualités qui leur sont proches, même si les cerisiers en fleur ont tout de même un petit plus que j'apprécie particulièrement.

Elle s'arrêta lorsqu'il lui lâcha le bras, laissant un plus large sourire prendre place sur ses lèvres, levant la main pour récupérer un pétale voletant depuis la branche ou elle avait poussé. Ca lui avait donné envie de faire planter des cerisiers dans son jardin de son clan. Ca avait toujours ce petit plus et mettrait de la couleur dans son lieu. Elle inspira en fermant les yeux, laissant la quiétude de l'endroit malgré les gens l'imprégner. Elle rouvrit les yeux, avant de tourner la tête vers le jeune homme.

‘’ En tous cas, ne répondez pas avant d’avoir vu ça, s’il vous plait. Je pense que c’est la meilleure chance d’Hakune de rafler la première place ! ‘’

-Cet endroit est magnifique, je l'admet. Et c'est sans doute ce genre d'endroit qui lui vaudrait sa première place. Vous avez gagné un point avec moi en le choisissant même si je pense que tout guide doit le faire pour nous attirer. Mais bien joué.

Il avait bien joué c'était vrai, l'endroit valait le coup, et sans doute irait-elle le voir d'autre fois, seule ou accompagnée de Makoto. Il était relaxant. Elle attrapa le pétale entre ses doigts en la regardant avant de souffler dessus pour la faire s'envoler, photographiant l'endroit dans son esprit. La jeune femme s'avança dans l'allée, entre les deux rangée de cerisiers sans l'attendre. Elle finit par se retourner, toujours son air d'enfant devant une vitrine sur le visage.

-Pourrions-nous y revenir lorsque la visite sera terminée ?
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Tokiwa Shiori
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MessageSujet: Re: Quand l'onmyôdo rencontre le kenjutsu. [PV Tomoe]   Lun 9 Nov - 16:10

En faire trop ? Ce n’était pas vraiment ce que je cherchais à faire. J’avais dû être assez maladroit dans ma façon de m’exprimer, c’est tout. C’était assez fréquent. Etant donné qu’elle ne semblait pas avoir mal pris mes paroles, cependant, je ne cherchais pas à m’expliquer d’avantage et ne lui offrait pour simple conclusion qu’un banal haussement d’épaules.
Prendre goût à ces éloges hein ? Elle avait beau m’avoir demandé de ne pas en faire d’avantage, ça lui avait quand même faire plaisir, alors. Même si la jeune femme semblait les considérer comme des politesses d’usage. Bah, qu’importe. Ce n’en était pas loin, puisque je n’avais fait qu’exposer des faits.
Sans chercher non plus à refuser les pièces qu’elle déboursa pour les boissons, je l’amenais directement aux jardins dont je lui avais parlé. Enfin des jardins. C’était plus une sorte de minuscule bois au beau milieu de la ville. Et encore. Pouvait-on donner cette nomination à une seule allée et à deux colonnes d’arbres ? Enfin ce n’était pas mon genre de me formaliser pour l’emploi de tel ou tel mot.

Un sourire tranquille se dessina sur mon visage quand elle convint que l’endroit était magnifique. Ce n’était pas spécialement une stratégie de ma part, à la base. Plutôt un manque d’imagination à vrai dire. Elle m’avait pris au dépourvu quand elle m’avait annoncé que je m’occupais de la visite. Du coup j’avais simplement mentionné le premier endroit qui, dans mon esprit, était susceptible de plaire à une femme.
Comme elle s’aventurait dans l’allée, le pas un peu plus pressant, je me contentais de la suivre en la laissant profiter de l’ambiance sans rien dire. De toute façon, elle était partie avant même que je n’ai le temps de songer à répondre.
Je fus encore d’avantage surpris par sa question, en revanche. En me grattant l’arrière de la tête d’un air un peu gêné, j’avouais :


‘’ Vous savez, le contrat stipulait simplement que je devais vous protéger de toutes fâcheuses éventualité durant votre visite. Si je m’y tenais scrupuleusement, j’aurais pu le remplir sans même vous dire un mot. Du coup, tout le reste n’est que du bon sens pour moi. Que votre visite soit plus agréable rend tout bêtement mon travail plus agréable lui aussi … ‘’

Enfin, ça elle le savait peut-être déjà. Ce n’était pas tout à fait là où je voulais en venir.

‘’ Bref, ce que je veux dire c’est que je n’avais pas du tout prévu que vous me demandiez de choisir notre destination. Dame Tomoe, si vous souhaitez y rester jusqu’à la tombée de la nuit, toute la nuit, ou y revenir à n’importe quel moment, je ne vois pas en l’honneur de quoi je refuserais. ‘’

Je pris quelques instants pour contempler l’allée. Je l’avais traversé très souvent, mais même en étant habitué au spectacle, il ne perdait rien de son éclat. Certes, il n’y avait plus l’émerveillement enfantin des premières fois. Mais ça n’empêchait pas une délicieuse sensation de quiétude de s’emparer de moi quand je marchais entre les deux rangées de cerisiers. La tempête de pétales flottants qui vous caressaient le visage. Le monde qui devenait moins hostile, en rose et en bleu. Et puis, les gens avaient tous l’air souriant quand ils étaient ici. Même quand ils faisaient la gueule, on sentait que leur cœur était quand même moins lourd. Il existe très peu d’endroits comme celui-là, dans le monde. Mais leur pouvoir tient tout de même de la pure magie. C’est dans ces rares moments que je me souvenais que Ryu protégeait Hakune. Que c’était à lui qu’on devait ce havre de paix et de beauté.

Je me demandais un instant si une histoire sur le dragon sacré lui plairait, mais ce ne fut qu’un instant. A quoi bon ? Elle venait d’un autre pays, et même si l’histoire lui plaisait, elle n’avait pas les mêmes croyances que les gens d’Higo. Je prêcherais dans le vide, et les mythes en lesquels je croyais corps et âme ne seraient alors que des contes pour touriste. Je me refusais à les utiliser comme tels sans y être invité ou contraint. C’était pour la même raison que je n’avais pas l’intention de lui proposer de voir le temple, quand bien même c’était un des édifices les plus importants et les plus beaux de la ville.
Ah, je n’étais vraiment pas un bon guide touristique. S’accrocher à ce genre de principes rend les choses bien plus difficiles.


Je croisais les yeux de la jeune femme sans vraiment le vouloir. Malgré mon sang-froid et le fait que j’étais prévenu, cette fois, je ne pus réprimer un léger frisson et de nouvelles questions. Des yeux de serpent. Existait-il un quelconque rapport avec Nuregami ? C’était peu probable. Elle ne serait pas venue ici si ce dernier l’avait béni ou quelque chose du genre et elle avait dit que ce n’était pas une malédiction. Le mensonge était toujours possible, et ne présentait qu’un seul intérêt : que je ne songe pas à la prendre en pitié. Ca pouvait aussi être une erreur de jeunesse. Un rituel dû à une ancienne croyance aujourd’hui révolue et qui avait mal tourné à l’époque. Ou bien tourné, mais à ce prix-là.
La probabilité que ça n’ait rien à voir demeurait tout de même d’environ soixante pourcents, pour ma part. Même si mon instinct avait tendance à faire descendre à cinquante pourcents. Elle s’était exprimée comme un serpent, mais je n’en sentais pas l’aura autour d’elle.
Elle n’était pas faible, mais ses secrets n’étaient pas dangereux pour les autres. C’était ce que je pensais.


Malgré tout, j’étais très curieux. Et elle ne me dirait sans doute rien avec une question directe. Ne restait qu’un stratagème. Lequel pourrait avoir le plus de succès ? Il fallait quelque chose qui reste détendu, mais aussi quelque chose d’intelligent. Pour la faire réfléchir pour la distraire, et surtout pour l’amuser. Je ne voulais pas non plus l’inspecter. Satisfaire ma curiosité tout en jouant était plutôt une bonne idée.
Je me rapprochais de la jeune femme, tout en écartant les bras, l’air relâché de celui qui est parfaitement détendu inscrit sur mon visage.


‘’ Nous avons encore un peu de temps pour nous promener, et je crois que je commence à prendre mon nouvel habit de guide comme il se doit ! Et si je vous proposais un petit jeu ? Je dois avouer que je suis quelqu’un de très curieux, mais aussi de très joueur ! Du coup je me disais que, peut-être, vous trouveriez ça amusant. Les règles sont simples : chacun à notre tour on se pose une question à laquelle l’autre sera contraint de donner une réponse sans mentir. Cependant, ce n’est pas encore l’aspect amusant de ce jeu : nous devons impérativement répondre en racontant un conte de notre région natale, en procédant par images ! Qu’en dites-vous Dame Tomoe? Je vous laisse le premier mouvement si vous voulez ! ‘’

Je trouvais mes paroles plutôt bien pesées. J’avais été suffisamment transparent pour qu’elle flaire le piège, et j’espérais que l’aspect de défi que cela revêtait l’attirerait. Elle semblait être quelqu’un de fier, ça pouvait suffire. En plus, avec cette histoire de conte de nos régions respectives je gardais quand même le côté détendu et naturel que j’avais jusqu’ici et qui semblait lui convenir également. Je ne m’étais pas caché de ma curiosité sur Iwami, et elle devait avoir envie d’en savoir plus sur Higo, si elle venu à Hakune.
Tout me semblait vraiment attirant et cette joute verbale me paraissait intéressante. Quand bien même je n’étais pas sûr de l’emporter, puisque je ne connaissais pas du tout Tomoe.
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Quand l'onmyôdo rencontre le kenjutsu. [PV Tomoe]
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