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 En route pour les Îles Yamato

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Clan Miyamoto
Miyamoto Rukina
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MessageSujet: En route pour les Îles Yamato   Jeu 29 Oct - 23:11

Shiori se positionna sur le côté pour laisser place à sa Daimyo. Celle-ci lui sourit et ils se mirent tout deux à marcher en direction du palais impérial ou ils étaient attendus.
Un vent léger s'était levé, ce qui donnait une sensation agréable sur la peau, mélangé avec la chaleur du soleil. Les longs cheveux de Rukina se balancèrent doucement et étaient devenus soudainement plus clairs une fois secs. Elle ne les avait pas attachés, comme à son habitude !
Sur le moment, Rukina se demandait combien de temps Shiori l'avait attendu. Il était toujours présent l'a où elle été. Dans ses plus lointains souvenirs, il n'y en n'avait pas un seul dans lequel le samouraï avait été absent et ce, depuis leur plus jeune âge. Le souvenir le plus frappant pour la Daimyo, était celui où une forte fière l'avait poussé à garder le lit durant une semaine entière. Shiori avait veillé près de la porte de sa chambre sans bouger, guettant la moindre amélioration physique de la jeune femme.
Durant toutes ces années de loyaux services, la jeune leadeuse voyait en Shiori, bien plus qu'un samouraï de sa garde rapprochée, bien plus qu'un conseiller sur qui on peut s'en remettre : un ami. Un ami en qui on pouvait même confier sa vie. Et Rukina n'hésiterait pas sur le coup.
Après presque une dizaine de minutes de marche, les deux guerriers arrivèrent en plein centre du quartier commercial où l'agitation s'était tassée. C'était le milieu de l'après-midi et les gens restés au frais chez eux. Certains levèrent la tête, regardant leur Daimyo passé, en la saluant avec de grands signes. La jeune femme leur répondit avec un même signe de la main.
Arrivés au stand de légumes, le couple de samouraï s'arrêta :


- Il faudrait demander à Yoza de rassembler les provisions. C'est que vous mangez tous pour cinq ! ahahaha
- Un guerrier Miyamoto vaut cinq hommes, donc il mange cinq fois plus. C’est ce que j’aurais répondu à n’importe qui d’autre. Mais vous savez bien que c’est parce que vous nous menez la vie dure qu’on a besoin d’autant d’énergie !
J’irais jeter un œil aux préparatifs, et aux provisions, pendant que vous parlez à Dame Oguni et à M.Cho. Et … Vous savez, si le voyage nous amenait à l’autre bout du Japon, on vous suivrait sans poser de questions.

Bon, d’accord, en posant des questions. Mais sans hésitation.


Cette réponse fit sourire Ruki', mais elle ne répondit pas et ils reprirent le pas. Son cœur se mit à accélérer à l'approche et à la vue de palais qui se dressait droit devant eux. La Daimyo était préoccupée, plongée dans ses pensées. Tant de questions se bousculèrent de nouveaux dans sa tête. Allait-elle craquer ?
Ils arrivèrent enfin au palais impérial où ils gravirent les quelques larges marches. Face à la grande porte, Shiori s'accouda contre celle de droit pendant que Rukina ouvrit celle de gauche. La main encore posée dessus, elle eut un nouveau moment de silence, regarda son accompagnateur dans les yeux et lui dit avant de poursuivre seule :


- Merci Shiori... d'être là.

***
Le soleil avait presque disparu dans le ciel, emportant sa chaleur avec. A quelques mètres de la porte Sud d'Hakune, patientait un cortège de chevaux, certains portant des paniers de provisions : riz, haricots rouges, soja, wakame. D'autres étaient attachés à des diligences remplies de boissons : allant de l'eau au saké ! et enfin, quelques-uns portant des samouraïs. Un peu plus loin, au milieu de cette foule, on pouvait apercevoir un petit attroupement d'hommes aux katanas, entourant quelque chose qui ressemblait à un carrosse. C'était la couche de la Daimyo. Car oui, les Miyamoto allaient faire le voyage de nuit, remontaient tout le Nord de la région d'Higo à pieds, pour prendre un bateau dans un petit port à la limite de la frontière d'Iwami. Autant dire que le voyage allait être long et fatigant !
Hiko était en première ligne, sur un grand cheval noir. Il s'avança vers un petit groupe de soldats samouraï où un se différencia, s'avançant vers lui en le saluant :

- Est-ce que tout est prêt ? Nous pouvons partir ?
- Oui mon général ! Tout est chargé ! Nous avons des provisions pour tenir une semaine de marche.
- Parfait. C'est le temps qu'il nous faut pour atteindre Hikari. Nous en profiterons pour remplir nos réserves avant d'embarquer.

Ils se saluèrent et le général trotta vers l'arrière du cortège, jusqu'à atteindre la garde rapprochée qui s'était formée autour du "territoire" de la Daimyo. Rukina se trouvait là, portant son armure bordeaux et dorée, un katana logé dans son fourreau.

- Dame Rukina (Hiko l'appelait toujours ainsi en présence de ses hommes et de personnes). Tout est prêt, nous pouvons partir. Dans cinq jours nous atteindrons Hikari, là ou un bateau nous attend. Il faudra juste faire attention une fois le centre atteint. Les terres d'Higo sont certes merveilleuses, mais restent dangereuses.
- Très bien. Nous marcherons toute la nuit et nous ferons une halte une fois le petit jour atteint afin de nous restaurer. Il faut gagner du temps cette nuit. Les hommes ne dormiront pas ce soir !
- Reçu.

Hiko repartit en première ligne, faire démarrer le troupeau. Rukina empoigna la crinière de son cheval à la robe crème et s'installa le plus confortablement qu'elle le pût.

(Je déteste monter à cheval avec cette armure…)

- EN AVANT !!!

Les Miyamoto se mirent ainsi en route en direction d'Hikari, le village lumière.

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MessageSujet: Re: En route pour les Îles Yamato   Sam 31 Oct - 10:30

Je regardais Ruki traverser la grande porte, avec une pointe de culpabilité. Elle entrait seule, mais si j’avais pu sans provoquer un esclandre et risquer ma tête, je l’aurais suivie sans l’ombre d’une hésitation. Ne serait-ce que pour savoir exactement ce qui allait se passer, et pour pouvoir aider la jeune femme à s’y préparer dans la mesure de mes capacités.
Le lourd battant se referma, et j’ôtais mon coude du second. Bon, je n’allais pas rester ici à lambiner. D’autant plus que j’avais reçu pour mission de vérifier le stock de provisions. Et que même si j’avais affirmé être totalement prêt, j’avais encore un détail de dernière minute à régler pour le voyage. Le premier point fut promptement résolu : Yoza avait déjà tout préparé selon les instructions et il ne fallut qu’une rapide vérification pour constater qu’il avait tout fait avec zèle.

Je me dirigeais vers un attroupement de soldats, occupés à aider pour le chargement des vivres dans les chariots et sur les sacs accrochés aux chevaux. Pour la plupart, de nouvelles recrues parmi les ashigarus. J’apostrophais le plus proche. Quand il se retourna, il me parut étonnement jeune. Je n’étais certes pas bien vieux, mais celui-là devait vraiment à peine atteindre l’âge d’homme.


‘’ Comment t’appelles-tu ? ‘’
‘’ Uo, monsieur. Kohaku Uo. ‘’
‘’ Je suis Shiori. Quand est-ce que le chargement sera terminé ? ‘’
‘’ Je pense que d’ici moins d’une heure, tout sera prêt, Shiori-senpaï. ‘’

Du coup, je me retrouvais rapidement à être totalement inoccupé. Temps que je mis à profit pour aller m’habiller pour un long voyage. Enfin, m’habiller. Mettre ce qui me tenait lieu d’armure. J’allais, comme à l’accoutumée, sortir du lot des soldats solidement harnachés. Les seules protections que je me permettais étaient des lanières de cuir légères, enfilées sous mes vêtements. Je ne pouvais pas vraiment faire autrement : une armure réduisait mes facultés de mouvement, donc ma vitesse et mon explosivité, et me rendait moins efficace qu’un soldat moyen.
Je soupirais à cette idée. Si la guerre éclatait un jour, à nouveau, je serais sans doute d’une piètre utilité. Toute ma formation résidait dans la capacité à protéger une seule et unique personne. Je ne craignais pas la cours, où les dangers d’un assassin tapis dans l’ombre. Encore moins un authentique duel au sabre. Par contre, les mêlés massives me faisaient horreur. Déjà parce que ça manquait de classe, ensuite parce que je n’y excellais pas.
Les lanières de cuir passées autour de mon buste, j’errais un moment dans le palais et au-devant, vérifiant que tout se passait pour le mieux.

La colonne de chariot commençait à se former et le départ arriva bien plus vite que je n’aurais pu le réaliser. Hiko, après avoir rapidement prit quelques instructions auprès de Ruki, fit démarrer la procession. Je me trouvais à l’avant-gauche du cheval de la Daimyo. Et j’étais moi-même à pieds. Parce que je n’avais pas de cheval, mais aussi pour la même raison que j’étais le seul à ne pas avoir revêtu une armure correcte. Dès que mes pieds quittaient terre, je n’avais plus la même efficacité, et je me voyais mal faire des acrobaties sur le dos d’un canasson.
Alors que je menaçais de repartir à nouveau en divagations, je reconnus une tête familière à ma droite.


‘’ Oh, Uo-kun n’est-ce pas ? ‘’
‘’ Ou-oui Shiori-senpaï. ‘’

Senpaï. Pour être honnête, ça me faisait vraiment bizarre. Dans ma tête, j’étais toujours le jeune samouraï borné que j’avais été à mes débuts. Entendre quelqu’un m’appeler ainsi me laissait perplexe. Et c’était toujours étrange de l’entendre de la bouche d’une échasse qui mesurait près d’un mètre quatre-vingt et dont la corpulence allait avec la hauteur.
Je fronçais soudain les sourcils à l’intention d’Uo. Le jeune homme avait l’air particulièrement angoissé. Et j’avais comme l’impression que ce n’était pas dû au voyage.


‘’ Dis-moi, Uo. Tu sembles bien anxieux, y aurait-il un problème ? ‘’

Il sursauta. Je souris : j’avais vu juste, il y avait bien un souci. Uo regarda autour de lui d’un œil alarmé. Sans doute que la proximité de la garde rapprochée et de la Daimyo elle-même devait le mettre mal à l’aise. Il m’avoua, d’une petite voix :

‘’ En fait le cortège s’est mis en marche avant que je ne rejoigne mon unité, et je me suis retrouvé ici un peu par hasard. Je crois bien que je ne suis pas à ma place … ‘’

Mes yeux s’agrandirent de surprise. C’est vrai, je n’y avais pas du tout pensé en le voyant, trop content de trouver quelqu’un à qui parler pendant le début du voyage. Je dus à grande peine me retenir de m’esclaffer et d’attirer toute l’attention alentour sur notre discussion. Je n’osais pas non plus jeter un coup d’œil à Ruki pour savoir si elle avait entendu ça. Pesant rapidement le pour et le contre, je fis remarquer à Uo :

‘’ Tu ne devrais pas trop t’en faire. Tu ne prends pas vraiment la place de quelqu’un, ici. Il y aura une halte demain matin, tu n’auras qu’à rejoindre ton groupe à ce moment-là, inutile de courir partout comme un chiot affolé. ‘’
‘’ Vous êtes sûr que je peux … ? ‘’
‘’ De toute façon tu vas te faire passer un savon par ton officier. Moins tu te fais remarquer, moins ce sera long et pénible. ‘’
‘’ Oui. Merci, Shiori-senpaï. ‘’

Il ne fallut pas plus de quelques minutes pour se détendre et m’adresser de nouveau la parole. Je commençais à bien aimer ce petit.

‘’ Dites. Vous avez déjà vu les îles Yamato ? Je ne sais pas grand-chose du clan Hôjo. ‘’
‘’ Je n’ai pas grand-chose à t’en apprendre, malheureusement. C’est la première fois que je fais ce voyage … Tout ce que je sais du clan Hôjo, c’est que ce sont de grands guerriers. ‘’

Somme toute, le début du voyage se passa tranquillement, rythmé par le bruit des pas, des armures, et des chevaux. Trouvant cela un peu monotone, je décrochais la flûte attachée à mon cou, et cachée sous mes vêtements, pour entamer une petite mélodie. Je n’y insufflais absolument rien, jouant pour jouer, tout ce que je cherchais, c’était la musique. Mieux valait éviter de provoquer un élan de joie ou de mélancolie tout autour de moi. Ca aurait pu être plutôt problématique. C’était surtout pour m’occuper, et distraire ceux qui voudraient écouter. Tant que personne ne dormait, autant que j’en profite pour jouer un peu.

Musique

Mes lèvres se détachèrent de l’instrument, que je remis à sa place première. Je me sentais toujours bien plus serein et mon esprit était bien plus clair après avoir joué.
Je ralentis soudainement le pas, pour me mettre à hauteur du cheval de ma Daimyo. Non sans, au passage, tenter de flatter l’encolure de la bête. Qui m’envoya paître d’un hennissement indigné. Je grimaçais, décidément, les chevaux et moi, ce n’était vraiment pas le grand amour. Je levais le visage vers Ruki.


‘’ Rukina-sama. Est-ce que vous avez besoin de quelque chose ? ‘’

Eh bien oui, depuis le début du voyage, elle n’avait pas bougé de là-haut. Il était grand temps que je demande, du coup, non ?
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Miyamoto Rukina
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MessageSujet: Re: En route pour les Îles Yamato   Mer 4 Nov - 23:33

La troupe s'élança dans la forêt qui entourait le village d'Hakune, devenu petite ville avec le temps, s'engouffrant dans la pénombre de la nuit.
Le ciel était dégagé, laissant percevoir la lune à son plus haut point. Elle n'était pas tout à fait pleine, mais suffisamment pour éclairer le sentier principal, à travers les innombrables arbres. Sa lumière transperçait les feuillages, reflétant sur les armures de certains soldats. La marche était silencieuse. Seul le bruit des pas, des armures, des sabots des animaux et le cliquetis des armes se faisait entendre. Les hommes étaient silencieux, n'osant prononcer aucun mot. Cela en devenait lourd. Agaçant.

Toujours en haut de son cheval, Rukina était comme tout le monde : silencieuse. Elle scrutait les environs, balançant lentement sa tête de gauche à droite et de droite à gauche. La forêt était calme, sombre. Cela lui donna même un aspect lugubre, un peu terrifiant. La jeune femme frissonna en dessous de son armure. Cela lui rappela les histoires que la vieille Oguni lui comptait quand elle était petite.


***

- Rukina-chan, connais-tu les créatures qui vivent dans la forêt qui entoure Hakune ? Il y a très longtemps, on raconte que le dieu Ryujin était apparu à un homme. Il avait le "don" d'attirer le Ryu vers lui. Cet homme, est le fondateur d'Hakune. Il l'a construite en hommage au dieu Dragon. Pour le remercier, Ryujin prospéra autour, bénissant les terres voisines. C'est alors qu'Hakune fût recouverte de cette épaisse forêt "protectrice" pour prévenir des envahisseurs et leur permettre de s'égarer. Il est dit de-même que le dragon a créé divers Yokai comme gardiens, mais les auraient punis pour avoir toucher au peuple d'Hakune. Depuis, ils errent à présent au sein de cette forêt… poussant les hommes s'y aventurant à se suicider, envahit par la haine. Il est dit qu'ils apparaissent sous forme de boule de lumière, comme un petit feu follet et attirent les hommes égarés vers eux pour dévorer leur âme. Certains les auraient aperçus sous la forme d'un petit enfant qui pleure. D'autres sous la forme d'une belle femme aux formes aguicheuses. La légende raconte qu'ils se présenteraient sous la forme d'un désir enfui, une forme familière afin d'apaiser l'esprit le regardant et le rassurer.

***

Rukina secoua sa tête lentement, ne préférant ne plus penser à cela pour le moment. Ses paupières devinrent subitement lourdes. La nuit était pas mal avancée et la jeune femme n'avait pas fermé l'œil depuis presque deux nuits entières. Elle respira un bon coup, se reprenant. Ce n'était pas le moment de faiblir.
Autour d'elle, les hommes à pied commencèrent à ralentir le pas. Ils étaient fatigués et cela se ressentait. Il faut avouer que cela faisait pratiquement quatre heures que les Miyamoto étaient partis d'Hakune et n'avaient pas encore fait de pause. De plus, l'air de flûte que Shiori se mit à jouer n'arrangeait guère. La Daimyo profita de la venue du samouraï pour s'exprimer, une fois lui avoir répondu.


- Non, je te remercie Shiori. Nous allons nous arrêter un moment pour faire une petite pause.

Elle leva un bras et aussitôt un solda gigota de gauche à droite une branche embrassée. C'était le signe qui avait été imposé lorsque la Daimyo désirait quelque chose. Il ne fallut pas plus d'une minute à Hiko pour rappliquer.

- Dame Rukina, qui y'a-t-il ?
- Nous allons faire une halte. Je suis fatiguée et les hommes aussi. Accordons-nous au moins deux bonnes heures de récupérations. Nous allons en profiter pour nous restaurer un peu. Faites des feux ! le gel s'installe de plus en plus… surtout sur la grande plaine. Une fois sortie de cette forêt, montons un camp.
- A vos ordres !

Le général salua Rukina et repartit aussi vite qu'il était arrivé en direction de la tête de la file afin de répartir les tâches à chacun. A l'écoute de cette nouvelle, le visage des samouraï s'illumina et de grands sourires trônaient sur leurs figures, heureux de pouvoir se reposer.
La troupe sortit de la forêt et se trouvait face à une immense plaine de verdure. La nuit plongeait tout dans l'obscurité et seul la lumière de la lune illuminait l'immense étendue, donnant une vision magique, tel un paysage que l'on voit dans ses rêves. Une rivière s'écoulait en zigzag, scintillant aux reflets du disque argenté.


***

En quelques minutes le bivouaque était prêt, installé. Les feux étaient allumés et les hommes en train de manger leur portion de soupe et de riz, tel des enfants. Certains chantaient, jouaient de la musique ; d'autres discutèrent de sujet d'actualité et enfin certains même mesuraient leurs forces.
Plus loin, une tente en soie était dressée. On pouvait apercevoir une petite lumière s'en dégageait. A l'intérieur se trouvait Rukina, agenouillée face à une table basse en train d'écrire. Elle avait abandonné son armure pour un kimono court bleu roi, laissant ressortir sa longue chevelure claire. Ses jambes étaient dénudées, laissant percevoir deux tatouages descendant jusqu'au milieu du mollet. La forme était indescriptible et ne ressemblait pas à grand-chose. C'était des formes arrondies et pointues. Son kimono était en col bateau, laissant percevoir également ses épaules. Un tatouage était aussi dessiné, mais était caché par le reste du kimono. Seul un triangle de couleur verte était perceptible. Une corne peut-être ?
Une fois son rapport terminé, la jeune femme reposa son pinceau et referma son encrier. Elle leva la tête en direction de la lune, l'air pensif. Décidée, elle enfila une veste et sortit, pieds nus en direction de la rivière. Là, elle s'installa au sol et admira la lune de plus près.

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Tokiwa Shiori
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MessageSujet: Re: En route pour les Îles Yamato   Ven 6 Nov - 21:26

J’acquiesçais pour toute réponse, reprenant de quelques enjambées ma position dans le défilée.
Une pause. C’est vrai que tout le monde semblait en avoir besoin. La troupe semblait morose. Mécanique. Les conséquences d’une marche longue et silencieuse. Même Uo, qui m’avait prouvé qu’il était loquace, marchait d’un pas las, quelques mètres devant. Le moment était le bon pour s’arrêter et se restaurer.
Quand le signal fut donné, tout fut installé à une vitesse étonnante. La plupart des gens prirent leurs portions de riz et s’installèrent autour des feux.
Je distinguais Uo, qui se faisait sermonner par un homme qui devait avoir la quarantaine grisonnante. Un léger sourire en coin m’échappa. Je n’enviais pas sa jeunesse : j’avais du mal à m’imaginer à sa place. Mais elle m’attendrissait. Je me souvenais de l’époque où je n’avais aucune cause à défendre, et quand je parcourais juste le pays avec Tokagiri. Juste persuadé que les Dieux savaient ce qu’ils faisaient et que je n’avais qu’à leur confier mon destin. Est-ce que cet entrainement, et est-ce que cette confiance aveugle et naïve, me manquaient ? Pas réellement. La vie d’ermites avait eu ses moments palpitants mais ce n’était pas ce pour quoi j’étais fait.
Et les dieux ? Que voulaient-ils ?

J’attrapais à mon tour un bol de riz, et m’éloignais un peu du campement. Il voulait voir l’horizon, vérifier que rien de marquant n’agitait le paysage.
Encore un des nombreux enseignements de la famille Tokiwa. Même si les chances sont infimes ou ridicules, qu’il se produise quelque chose, jamais on ne doit baisser sa vigilance. Un moment de repos, c’est un moment de vulnérabilité. Les cinq sens doivent sans cesse demeurer en éveil. Depuis longtemps j’avais appris à dormir le matin et non la nuit. La nuit est la proie privilégiée des assassins, c’est sous son couvert qu’ils frappent. Lorsque le drap noir recouvre leurs pas et qu’ils sont plus légers qu’ils ne le sont jamais. Alors que le matin … Il y avait simplement tout le monde d’éveillé, et c’était là que les risques étaient le moins présent.
Je revins vers le bivouac. Rien ne me paraissait étrange. Peut-être avais-je juste voulu manger sans avoir à papoter. Quelque chose m’inquiétait, sans que je parvienne vraiment à mettre le doigt sur ce que c’était.
Je soupirais. Un beau jour, je me lèverais, et j’aurais été débarrassé de cette fabuleuse et ennuyante aptitude à m’inquiéter plus que de raison pour tout et n’importe quoi.

J’avisais la tente en soie et la lumière qui s’en échappait, puis le spectacle de l’armée qui semblait bien plus effervescente maintenant qu’elle avait le ventre plein. Je fus tenté de profiter un peu de toute cette ambiance, mais je me ravisais bien vite. Je préférais garder mes forces pour le trajet de nuit qui allait suivre. Et puis, je n’avais pas grand-chose à dire aux autres soldats.
Uo, qui m’aperçut de loin et me fit un grand signe, pour me demander d’approcher. Au même instant, j’entendis un bruit derrière moi, et je secouais la tête dans sa direction. Je vis le soldat à côté de lui dire quelque chose, et Uo acquiescer. Je me permis un sourire, et me détournais de la scène. Je ne m’étais jamais demandé comment les autres membres du clan me considéraient. Après tout, j’étais arrivé à seize ans, mon rôle était déjà scellé, je n’avais pas eu à faire mes preuves pour l’obtenir. Plus pour le renforcer, par après, certes. Mais ce n’était pas la même chose.
En plus, j’étais plutôt distant avec la plupart des hommes, même si je m’entendais bien avec tous ceux avec qui j’avais déjà pu parler. Excepté Hiko, peut-être, même si on ne pouvait pas parler de se détester. C’était juste … Formel et cordial. On se battrait côte à côte sur le champ de bataille, mais on ne se tomberait pas dans les bras pour se marrer une fois que tout serait terminé.

Je suivis Rukina du regard tandis qu’elle s’éloignait de la tente pour aller s’asseoir près de la rivière. Un éclair de lucidité me sortit de la langueur dans laquelle cette pause avait semblé me plonger, et j’allais reprendre une portion de riz et une de soupe, avant de partir rejoindre la jeune femme. Elle semblait regarder pensivement vers le ciel. Le linceul obscur qui recouvrait le ciel, ou l’étincelle de lumière lunaire qui le perforait ? Peut-être l’ensemble ou rien de tout cela. Juste une contemplation passive pendant qu’elle était plongée dans ses pensées.
Avisant une branche morte, je marchais dessus de sorte à la casser dans le but qu’elle m’entende arriver. J’avais de la soupe dans la main, je n’avais vraiment pas envie de la faire sursauter.

J’hésite un instant puis je m’assieds directement à côté d’elle en lui tendant le bol que j’avais pris pour elle.


‘’ Vous n’avez pas mangé. Je me suis dit que ce ne serait pas une mauvaise chose de vous apporter quelque chose tant que c’était encore chaud. ‘’

Encore un moment d’hésitation. Je pesais le pour et le contre de ce que j’allais dire.

‘’ Un homme m'a demandé toute à l'heure ce que je savais du clan Hojo. Je n'ai pas trouvé quoi lui répondre. Ce seront nos alliés, c'est tout ce que je sais d'eux. Ce qu'on en raconte est une bonne chose, mais qui sont-ils vraiment ? Je n'aime pas beaucoup me fier aux livres, même s'ils sont de bons compagnons pour quelques soirées. Je sais que je ne devrais pas dire ça, mais la tournure que prend les événements est étrange. On n'a absolument besoin d'alliés, et ils paraissent tout désignés pour ça. Mais quelque chose me dérange. ‘’

Je tentais d'éviter de croiser son regard, tout en continuant :

'' Vous pensez que c'est la bonne voie à suivre ? ''
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MessageSujet: Re: En route pour les Îles Yamato   Mar 17 Nov - 22:52

Cela faisait maintenant une bonne heure que le clan Miyamoto s'était arrêté sur la vaste plaine. L'ensemble des hommes s'était rassasié. Les ventres pleins, les rires faisaient place, accompagnés de chansons. Certains en profitèrent pour piquer un somme afin de se reposer tant qu'ils le pouvaient avant de reprendre la route - et elle était encore bien longue !

Le général Hikoyuki s'avança vers les multitudes de camps afin de calmer les samouraï et leur demander de rester discret, profitant pour leur rappeler qu'ils étaient en marche officielle, le danger était donc présent. Ce qui fonctionna sur certains d'entres eux… tandis que d'autres reprirent de plus bel une fois le guerrier éloignait.

Hiko marcha en direction de la tente de Rukina, qui était à l'écart par rapport à l'agitation. Il s'arrêta un instant, surpris de découvrir celle-ci vide. Il haussa les épaules, cela ne l'étonna pas d'avantage. Il était habitué que sa Daimyo ne reste pas en place autant de temps lorsqu'elle en avait l'occasion. Des bruits retentirent de derrière, un peu plus isolé. Hiko se tourna dans leur direction, un sourire aux lèvres, se disant que c'était sûrement Rukina.

Son sourire fût tout de suite effacé lorsqu'il vit certes Rukina, agenouillée près de la rivière, mais déjà accompagnée. C'était Shiori qui l'avait rejoins et lui avait apporté de quoi manger. Un sentiment envahi soudainement le Miyamoto : de la jalousie ? de la colère ? un mélange des deux. C'est pourquoi, il préféra ne pas intervenir et repartit dans la direction opposée, rejoindre les hommes.


***
La branche morte au sol se céda en deux lorsque Shiori marcha dessus se qui alerta la jeune femme qui tourna sa tête en arrière, s'appuyant sur ses mains. le jeune homme s'approchait déjà d'elle, un bol dans chaque main.

- Vous n’avez pas mangé. Je me suis dit que ce ne serait pas une mauvaise chose de vous apporter quelque chose tant que c’était encore chaud.

Rukina détourna son attention et la reporta sur la rivière, sans donner de réponses. Shiori s'installa à côté d'elle et déposa le riz et la soupe au sol. Un petit moment de silence régna entre les deux samouraï. A vrai dire, il dura jusqu'à ce que le jeune homme reprit la parole. Décidément, la Daimyo préféra garder ses mots pour elle ce soir.

- Un homme m'a demandé toute à l'heure ce que je savais du clan Hojo. Je n'ai pas trouvé quoi lui répondre. Ce seront nos alliés, c'est tout ce que je sais d'eux. Ce qu'on en raconte est une bonne chose, mais qui sont-ils vraiment ? Je n'aime pas beaucoup me fier aux livres, même s'ils sont de bons compagnons pour quelques soirées. Je sais que je ne devrais pas dire ça, mais la tournure que prend les événements est étrange. On a absolument besoin d'alliés, et ils paraissent tout désignés pour ça. Mais quelque chose me dérange.

La Miyamoto l'écoutait attentivement, laissant son regard se promener sur la coulée d'eau. Le vent fit virevolter quelques mèches de sa longue chevelure devant ses yeux, mais cela ne semblait pas la déranger. La nuit était fraîche et malgré le peu de vêtement que portait Rukina, aucuns frissons n'apparurent sur sa peau dénudée à certains endroits. Les derniers mots de Shiori firent apparaître un sourire sur les lèvres de la jeune femme. Quelque chose le dérangeait. Sans lâchait son regard de l'eau scintillante, elle demanda, d'une voix calme et anormalement douce :

- Qu'est-ce qui te dérange ? quelque chose te fait peur ?

Elle osa enfin porter le regard sur lui. Ce qui n'était pas son cas. Il regardait ailleurs cette fois-ci.

- Vous pensez que c'est la bonne voie à suivre ?

A cette phrase, Rukina semblait perdue, se sentant incapable de donner une réponse satisfaisante. Elle plongea ses mains dans l'eau glacé de la rivière et répondit.

- Je ne sais pas. A vrai dire, je ne suis pas encore sûre qu'elle est la bonne voie à suivre. Mais je suis sûre d'une chose… les Hôjô seront et sont des hommes en qui nous pouvons avoir confiance. Si l'alliance de nos deux clans peut permettre d'accroître nos rangs et ainsi augmenter notre force pour nous permettre de reprendre Edô… alors oui, ceci est la bonne voie.

L'eau se mit à trembler entre les mains de Rukina, créant des petites bulles à travers, de plus en plus fortes. Une ombre rougeâtre sur son bras gauche se mit soudainement à bouger et quelque chose se déplaça en ondulant. Il parcouru l'ensemble de son bras, allant jusqu'à sa main. Au contact de l'eau, la chose se matérialisa et sortit de la peau de la Daimyo. C'était une carpe rouge japonaise aux longues moustaches. Elle nagea en ondulant, grossissant à vue de nez, jusqu'à atteindre les cinquante centimètres et partit. La Miyamoto pencha la tête sur le côté, satisfaite de son acte et la tourna vers Shiori, un large sourire. Elle attrapa le bol de riz, se mit en tailleur et mangea.

- Hmmm, arigatô Shiori-kun ! tu as eu une excellente idée ! l'appétit vient toujours en mangeant.

Elle termina de mâcher, avala et attrapa une autre boulette de riz entre ses baguettes pour les tendre au jeune homme.

- Tu as mangé au moins ? tu en veux ?

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Clan Miyamoto
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MessageSujet: Re: En route pour les Îles Yamato   Sam 21 Nov - 2:56

Je gardais obstinément le regard fixé sur la rivière. Elle venait de me demander si j’avais peur. Cela aurait pu être une façon de me titiller pour me provoquer, mais l’intonation de sa voix me disait totalement le contraire.

La peur était un sentiment qu’on interdisait aux samouraïs dès leur plus jeune âge. Ou plutôt, qu’on leur apprenait à contrôler. Quand un sabre fond droit vers votre visage, votre corps ressent toujours de la peur, peu importe l’expérience qu’on possède. Peu importe l’assurance. Peu importe la force. Le corps, si ce n’est pas l’esprit, le sait. Il sait qu’il est menacé, que c’est une arme mortelle qui tente de lui arracher la vie. Un esprit fort maitrisera le corps et lui interdira de reculer ou de trembler. Mais ce n’est pas pour autant que les tripes n’en trembleront pas.
Tokagiri m’avait enseigné ça avant même que j’apprenne les frappes de base du Kenjutsu. Son sabre avait, à de multiples reprises, jaillit en direction de mon arête nasale. Pour s’arrêter à un cheveu de mon visage. Jusqu’à ce que, en le voyant arriver, je réussisse à ne plus bouger du tout. Pas un tressaillement. Pas un battement de cil. Mais ce n’était que de la maitrise. Encore maintenant, des années après, si Tokagiri répétait cet exercice, je n’aurais aucun tremblement. Quand bien même, la peur me mordrait les entrailles.
Et honnêtement, s’ils existaient vraiment, je plaignais les personnes qui se délectaient de cette peur ou bien qui ne la ressentait pas du tout. Plus encore ceux qui ne la ressentaient pas du tout. Comment faire face à un danger alors qu’on ne peut même pas l’identifier ?

Mais cette peur que Ruki évoquait était bien différente. Il n’y avait aucun danger physique. C’était la peur de prendre la mauvaise route, de faire le mauvais choix. J’en étais venu à croire qu’il m’était impossible de rester stoïque devant celle-ci. Mais une fois qu’on a accepté ça, tout est bien plus simple. Je ne peux pas l’empêcher de me poser des questions ? Soit, alors posons-les. Et tâchons de trouver des réponses. De toute manière …


‘’ Bien sûr que quelque chose me fait peur. M’inquiéter c’est ma façon de vous protéger. Quand on est inquiet, on est constamment sur ses gardes. Je n’ai pas le droit de me détendre, ou de cesser d’avoir peur. C’est contraire à mon enseignement. ‘’

Contraire à mon enseignement. Ou plus simplement, contraire à mes propres principes, mais j’avais craint que cela ne sonne un peu trop fanatique.

‘’ Mais ce sont les choix qui s’imposeront bientôt qui me font le plus peur. Je ne suis pas un soldat, je n’ai jamais été fait pour être samouraï malgré toute la fierté que j’éprouve à me tenir ici. J’espère juste pouvoir continuer de vous protéger ou d’être à l’écoute des questions que vous vous poserez si jamais vous éprouvez le besoin de les faire partager. ‘’

Je faillis ajouter ‘’ je ne veux pas faire le mauvais choix’’ mais la phrase me resta dans la gorge. Ma main se posa sur la flûte cachée sous mes vêtements, et pendue à mon cou. J’aurais peut-être pu l’utiliser pour avoir l’esprit plus clair et répondre à mes propres questions. Mais c’était trop facile, peut-être. Je ne sais pas pourquoi j’avais toujours répugné à utiliser mon don sur moi-même.

La réponse de Rukina vint. Les Hôjos étaient forts et fidèles, et nous aideraient à reprendre Edo. Je fermais les yeux.

Reprendre Edo. Pour être tout à fait honnête, c’était là la première question que je m’étais posée quand on m’avait annoncé la destinée des héritiers Tokiwa. Servir la Daimyo signifierait, tôt ou tard, participer à cette bataille pour reprendre la capitale. Je le savais depuis tout petit. Mais je n’avais jamais su trouver de fin au dilemme soulevé par cette simple idée.
C’était simple au premier abord : je n’aimais pas la guerre. J’étais pour le fait de mesurer sa force par le duel au sabre. C’était un moyen viril et honorable de résoudre certains conflits. Mais la guerre était une toute autre chose. Une boucherie, où la poudre à canon et les effectifs étaient plus importants que la force des individus. Je ne l’avais jamais connue dans sa plus grande ampleur, mais je ne pensais pas en avoir besoin pour la haïr. Pourtant, tout mon destin tendait vers celle qui redonnerait à l’héritière du Dragon le trône qui lui était dû. Le Dragon lui-même avait fait de ma famille ce qu’elle était et, suivant le même raisonnement que j’avais suivi pour accepter mon destin comment aurais-je pu rejeter cette bataille future ?
Les hommes ne savent rien, c’est pourquoi ils prient les dieux. Eux seuls connaissent tous les rouages du destin. La question était de savoir si j’étais capable de fermer les yeux et de faire confiance au Dragon. A le laisser me guider. Et ce choix-là je l’avais déjà fait il y a longtemps.


Du coup, j’allais devoir prendre un angle militaire pour juger des paroles de Ruki. Cela suivait mon propre raisonnement.

‘’ Oui, sous cet angle c’est le bon choix. Je pense que les guerriers Miyamoto et les guerriers Hôjo sont les plus réputés du pays. Ensembles, nous formerions une force de frappe conséquente. ‘’

Mais plus on mêlait de clans à la guerre, plus les pertes seraient importantes et plus le pays tout entier en saignerait. Un tic inhabituellement rancunier agita mes lèvres. Que les Fujiwara soient maudits. Sans leur soif de pouvoir et leur coup d’état, ils n’en seraient pas là. Ces serpents étaient allés contre la volonté des dieux, en usurpant le rôle de Shogun.
Les serpents étaient fourbes. On ne règne pas avec de la fourberie. On règne avec de la sagesse et de la force d’âme. Comme celle que possède un dragon.
Régner était le destin de certains, mais cela ne signifiait pas pour autant que le destin des autres était médiocre ou pitoyable. Pourquoi n’avaient-ils pas pu se contenter du leur et le porter à son apogée, plutôt que de massacrer impitoyablement tout ce qu’avait construit le clan Miyamoto ?
Parce que c’étaient des hommes. Ce qui ne faisait que me conforter dans mon idée que c’étaient les dieux qui possédaient les réponses, pas les hommes.

J’observais le manège de Rukina d’un air absorbé. Quel don merveilleux. Pouvoir créer était toujours merveilleux. Le faire d’une façon aussi unique l’était encore plus. Elle pouvait donner vie à ses créations. C’était tout simplement prodigieux. Combien d’artistes avaient essayés d’insuffler une âme à leurs créations, sans jamais arriver à un résultat aussi probant ? C’était moins beau qu’une peinture ou qu’un air de musique, mais tellement plus vivant. Cet acte n’avait pas ce que toutes les œuvres avaient, mais elle possédait ce qui leur manquait à toutes.


‘’ Y’a rien à faire j’ai toujours trouvé que ce poisson avait le don de mêler le cérémonieux au ridicule. Quand je le vois je repense à une vieille histoire sur un vieux samouraï bedonnant que me racontait mon p… Enfin qu’on m’a raconté étant petit. Ca m’avait marqué parce qu’ils avaient de grosses moustaches comme les carpes. ‘’

Je croisais par inadvertance le sourire de Rukina et me frappais le côté de la tête d’un air gêné. J’étais vraiment mauvais, hein, Ruki ?

‘’ Excusez-moi, je vous expose mes doutes alors que vous êtes sans doute celle qui a le plus de préoccupations. Mais souvenez-vous toujours que je suis là si vous avez besoin. ‘’

Elle entama la ration que je lui avais amenée. Un soulagement me parcourut en même temps que je lui rendais son sourire.

‘’ J’ai mangé tout en parcourant les alentours du campement. Quand je suis revenu je me suis demandé si vous aviez pris le temps d’avaler quelque chose. Ceci est donc entièrement pour vous. ‘’
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MessageSujet: Re: En route pour les Îles Yamato   Mar 8 Déc - 22:31

Spoiler:
 

Rukina écoutait la réponse de Shiori. Ainsi s'inquiéter était sa manière à lui de la protéger ? Cette réponse semblait étrange pour la Daimyô. Cela faisait maintenant plusieurs années que le jeune homme et la jeune femme se connaissaient. Ils avaient (presque) tout partager. Ils jouaient ensemble étant petits. Lorsque la Miyamoto allait quelque part, le Tokiwa n'était pas loin. C'était une relation que nous pouvons qualifier comme amicale, voir fraternelle ? Les frères et sœurs se connaissent par cœur pour la plupart et ce qui était étrange, pour Rukina, c'est que Shiori demeurait comme un inconnu. Elle avait cette impression que le jeune guerrier passait son temps à cacher ses véritables émotions. Il portait un masque, comme l'ensemble des personnes autour d'elle. Cela s'est d'autant plus accentué dès la passation du titre de Daimyo. Ce qui lui déplaisait énormément. Au plus profond, elle en avait assez de toutes ces manières. De la façon dont les personnes se comportait avec elle. Mais il fallait bien y faire abstraction et la samouraï était forte dans la manière de ne rien laisser paraître.

Rukina sentit de l'hésitation ainsi qu'une touche de peur dans la réponse de Shiori. Elle plissa les yeux pour enfin les fermer un moment, compatissant à la situation du jeune homme. Il n'était pas fait pour être samouraï et pourtant il tenait son rôle à cœur et le faisait du mieux qu'il le pouvait. Ce que notre Daimyo admirait humblement ! C'est pourquoi la réponse de Shiori sur le clan Hôjô fit hocher la tête de la jeune femme. Oui, une force de frappe conséquente. Tel était la stratégie de Rukina : Unir pour faire le plus de dégâts possible. Elle n'était certes Daimyo que depuis peu d'années et ne connaissait la vérité que depuis un certains temps, mais elle savait quelle réputation les Fujiwara avaient. Ils n'étaient guère appréciés sur l'ensemble du territoire japonais. Peu de personnes étaient d'accord avec leur politique et ceux qui l'étaient… l'étaient simplement par peur de représailles ou de mort. Le serpent avait pris le trône au dragon par coup bas. ce dernier comptait bien le lui reprendre par "le feu et le sang".

L'attention des deux guerriers se posa à présent sur l'énorme carpe rouge aux longues moustaches que Rukina venait de créer. Ce qui fit tout de suite réagir Shiori. Encore une fois, une hésitation. La jeune femme sentit bien qu'il n'était pas très à l'aise. D'autant plus lorsqu'il s'agissait de son passé. Par respect, elle ne releva pas cette reprise et se contenta de regarder le ciel à présent. D'innombrables étoiles brillaient de mille feux et rendaient le ciel magnifique.
Le Tokiwa refusa poliment la bouchée que sa Daimyo lui tendit, prétextant qu'il avait déjà mangé. Sur le moment la guerrière hésita entre le forcer à avaler pour le taquiner ou simplement laisser passer. La dernière solution fût envisagée et la jeune femme haussa les épaules :


- Comme tu veux ! Tant pis pour toi ça en fera plus pour moi !

Termina-t-il sur un ton un peu plus humoristique. Elle mit la bouchée dans sa bouche et mâcha lentement puis posa le premier bol pour prendre le deuxième, chaud et remplit de soupe. Elle le mena à ses lèvres, prit une gorgée et s'étira grossièrement. Sa tête vint se poser sur l'épaule du guerrier et son regard resta poser sur le ciel lumineux. La fatigue commença à la gagner, mais elle était encore assez consciente de ses paroles :

- J'ai beaucoup de chance de t'avoir à mes côtés Shiori-kun. Peu de Daimyo ont cette chance là… d'avoir quelqu'un sur qui on peut toujours compter. Oh bien sûr ils ont leurs conseillers ! leurs généraux ! mais ce n'est pas pareil. Les Miyamoto ne sont pas pareils… nous savons ce que ça fait de souffrir, de perdre quelque chose… nous sommes solidaires ! et c'est ça qui compte. On est différents des autres clans car nous fonctionnons comme une famille […] Oui c'est ça ! nous sommes une famille tu ne trouves pas ?

Demanda-t-elle en levant la tête pour le regarder dans les yeux. Ce n'est qu'après quelques secondes qu'elle se rendit compte qu'elle s'était beaucoup trop rapprochée de lui (et de ses dires au passage). Confuse, Rukina s'écarta du visage de Shiori pour se redresser et se remettre en position assise. Elle aimait le taquiner, jouer avec lui, le mettre mal à l'aise - comme elle mettait tous ses hommes qu'elle appréciait mal à l'aise - mais sur le coup, c'est elle qui se sentit mal à l'aise. Un rire - un peu nerveux- sortit de sa bouche et elle passa machinalement sa main droite le long de sa chevelure :

- Aahahaha ! Excuse moi Shiori. Je crois que la fatigue me gagne et je ne sais plus trop ce que je dis.

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MessageSujet: Re: En route pour les Îles Yamato   Mer 9 Déc - 17:17

Spoiler:
 

Ainsi, le sujet était clos aussi vite qu’il avait été ouvert. En même temps, à refuser de vouloir en dire d’avantage que les banalités qu’on était en devoir de sortir à son seigneur, je l’avais bien cherché. C’était bien rare que je garde ma langue dans ma poche, mais j’avais craint de ne pas être objectif. Après tout, la plupart de mes réticences étaient basés sur des idéaux personnels et qui ne relevaient pas de l’intérêt commun. J’aurais voulu ajouter que des alliés dont la fidélité reposait sur un mariage arrangé … Enfin, je trouvais tout ça un peu protocolaire, alors que j’avais été habitué au clan Miyamoto, à la fois respectueux des traditions, et véritablement hors du temps pour ce qui était des relations entre les gradés et les non-gradés. Le respect était présent, mais non sans certains liens familiaux qui se rapprochaient de la fraternité. Les protocoles étaient bien présents, mais la plupart du temps, surtout en privé, j’avais pris l’habitude de passer un peu outre quand l’occasion le nécessitait réellement. Mais sans jamais les abandonner complètement toutefois.
Je me demandais souvent comment Ieyasu et Jinkido se conduisaient l’un envers l’autre. Si je lui étais semblable, si j’étais complètement différent Qu’est-ce que mon grand-père me dirait s’il me voyait actuellement ? Est-ce qu’il serait fier de ce que j’accomplissais, ou me dirait-il, comme je l’avais toujours pensé, que ma grande sœur aurait mieux endossé ce rôle que moi ? Qu’elle était plus forte que je ne le serais jamais ? Avoir la chance de parler à ses ancêtres aurait été un réconfort, ou au moins un moyen de savoir ce qui n’allait pas. Encore que, je savais qu’à la moindre mélodie, je n’aurais plus aucune hésitation. Tokagiri m’avait enseigné à avoir foi en ma conception de ce qui était juste, et en celle qu’il m’avait inculquée.

Je sursautais en sentant la tête de Rukina se poser sur mon épaule. Pas assez pour la déloger, mais juste suffisamment pour qu’elle sente la surprise. Ses paroles attirèrent cependant suffisamment mon attention pour m’empêcher, sur le moment, de me sentir gêné, ou de rougir comme je l’aurais sans doute fait si je m’étais focalisé dessus.
Je réfléchissais à ce qu’elle venait de me dire pendant au moins trois bonnes minutes. En souvenir des bonnes gifles que je m’étais ramassé pendant mon entrainement, parce que j’avais parlé trop vite. Une manière comme une autre d’apprendre efficacement à parler avec justesse afin de ne jamais regretter la moindre parole et de l’assumer complètement quelle qu’elle soit.


‘’ Je ne pense pas que ce soit dû à la chance. J’ai foi en la symbolique des différents clans, et dans les totems qui représentent nos divinités. Le dragon est sage et vénérable. Que son héritière dirige un clan soudé me parait presque normal. Le phénix s’adapte à toutes les situations et renait de ses cendres à chaque fois qu’il échoue, aussi son entourage doit-il être varié, et répondre à toutes sortes de besoins et de situations. Le serpent est vil et belliqueux, aussi son entourage est-il fait de guerriers et de langues acérées. Le dragon est fort, et sage. Aussi est-il simplement fait pour régner, et rendre confiants ceux qui se tiennent à ses côtés.

Je ne sais pas si c’est vrai pour les autres clans, mais vous êtes la tête du Dragon. Son armée en est le corps que Hiko maintient, il est la colonne vertébrale en quelque sorte. Les civils sont les oeufs, fragiles mais indispensables, que nous protégeons. Et je suis vos crocs. C’est comme ça que je vois les choses. Ce n'est pas la chance mais c'est parce que vous êtes qui vous êtes que vous êtes entourée comme vous l'êtes. ‘’


Je ferme les yeux un bref instant. J’utilise des métaphores, mais je ne réponds pas vraiment à ce qu’elle vient de me dire. La langue de bois encore une fois ? Avoir peur d’une lame est légitime, avoir peur de l’avenir tout autant. Avoir peur de celle dont je partagerais le destin ne l’était pas. Je n’avais rien à lui cacher. Si quelque chose ne lui plaisait pas, elle me le dirait et je devrais faire avec, ou le modifier. C’était ainsi que je devais fonctionner.

‘’ Au … Au-delà de ça, je dois beaucoup à votre famille. Être noble suffit à être samouraï, mais être né dans la famille Tokiwa est un honneur tout particulier. J’aurais simplement pu apprendre à me battre et rentrer dans les rangs comme n’importe quel homme. Ou alors j’aurais embrassé la vie d’artiste qui m’attirait quand j’étais jeune. Au lieu de ça, j’ai eu le droit à un entrainement personnel et j’ai été éduqué par un maitre incroyable. Je suis persuadé qu’il n’a pas d’égal. Si jamais vous avez un enfant un jour, ou même qu’un jeune garçon, ou une jeune fille, un jour vous parait avoir besoin de quelqu’un pour lui enseigner la voie du sabre, je vous recommande chaudement Tokagiri. Il ferait de n’importe qui le meilleur sabreur de sa génération. Et … ‘’

Je pris une grande inspiration.

‘’ Ce dont je suis le plus reconnaissant, c’est … comment dire ? Avant même d’avoir pu faire mes preuves, j’ai été désigné comme le fils d’un traitre. Je pense que vous le saviez mais c’est à mon père qu’aurait dû revenir l’honneur de vous protéger. Mais il a déserté et c’est pourquoi votre humble garde du corps est aussi jeune. Tout le monde pointait du doigt ma famille mais le clan Miyamoto ne m’a pas renié pour autant et j’ai eu la chance d’avoir le destin qui m’était promis par Ryuu. J’espère juste ne jamais vous décevoir. Et atteindre l’idéal que je me suis fixé : la relation entre Miyamoto Ieyasu et Tokiwa Jinkido. ‘’

Je ris nerveusement.

‘’ C’est peut-être un peu bête. Nous sommes sans doute tous deux très différents de ce qu’ils ont pu être et pourtant j’ai ce genre de but. Le principal n’en reste pas moins là : j’ai perdu autant de duel que j’en ai gagné. Mais si un jour vous placez votre vie entre mes mains, ayez foi. Il sera alors impossible que je perde. ‘’

Avec nostalgie je songeais que je n’avais pas toujours tenu ce discours. J’avais même voulu abandonner une fois, pour ne pas mettre en danger la vie de celle que je protégerais un jour. Et les défaites que j’évoquais, quelles étaient-elles ? Tokagiri, à une époque mais j’avais surmonté cet obstacle.
Et Hiko plus récemment, lors d’entrainements. Quand bien même, dans l’hypothèse où la vie de Rukina serait en jeu et même si ça relevait de l’impossible, un adversaire de sa trempe ne me ferait plus peur. Je n’avais peut-être jamais envisagé de gagner contre lui lorsque je m’étais retrouvé une arme en main face à Hiko. Mais j’y avais longuement réfléchi.  Et il existait un moyen pour moi de contourner ce défaitisme. C’était étrange que ce soit une telle situation qui m’ait éclairée. Une conversation avec Rukina. Sa proximité, aussi, à l’instant présent. J’avais une mélodie entêtante qui hantait mon esprit. C’était elle, la réponse.
Malgré la différence de cartes qu’on nous avait fournies à la naissance, j’avais identifié une manière d’affronter ce type d’adversaire.  Même si je me donnais à fond par respect pour lui, un jour il faudrait que je tente d’utiliser ce tour de passe-passe qui était sans doute mon seul moyen d’obtenir la victoire.
Et ce serait valable pour n’importe quel opposant. Que Hiko soit ma référence était une simple question de rivalité.


‘’ Une famille, oui … Une immense fraternité. Avec des petits frères et des petites sœurs qu’on a envie de protéger coûte que coûte, des grands-frères qu’on meurt d’envie de surpasser pour prouver quelque chose, et des parents qui nous chaperonnent … Je pense comme vous : le clan Miyamoto est la plus grande famille du pays. ‘’

Je fus soudainement coupé du fil de mes pensées. Je réalisais à ce moment que Rukina s’était encore rapproché. Son visage était tellement prêt du mien que je ne pus retenir le rouge qui me monta aux joues. Elle jouait, là ? Apparemment j’avais une certaine chance sur ce coup puisqu’elle parut elle aussi gênée. Si elle ne s’était pas éloignée, je serais sans doute resté stupidement surpris et paralysé par la situation. Elle s’éloigna en s’excusant et en affirmant qu’elle était fatiguée. Pour le coup, c’était bien la première fois qu’elle était désolée de m’avoir mis mal à l’aise (parce qu’entre nous, ce qu’elle avait ne nécessitait aucune excuse, c’était bien entendu pour l’autre raison qu’elle était désolée, non ?). En tous cas c’était comme ça que je le voyais. Et pour dissimuler mon trouble (ou pour tenter plus exactement), je renchérissais :

‘’ Hmmm … Vous voudriez peut-être rejoindre votre tente et aller vous reposer un peu avant que l’on ne reparte ? ‘’
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