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 Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]

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Clan Miyamoto
Tokiwa Shiori
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MessageSujet: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Lun 26 Oct - 6:01

Spoiler:
 

Un réflexe un peu chanceux me fait esquiver une branche à hauteur de mon visage. Le temps que je me tourne pour identifier la source d’un bruit de feuillages, et la voilà qui apparait au milieu du chemin. Avec une grimace, je l’écarte de la main, tout en arrêtant de marcher. J’observe un peu les alentours, que je trouve à la fois désespérément pleins et désespérément vides : le décor est envahissant, mais on ne peut pas dire que la vie grouille dans les parages. Cette foutue forêt est la plus dense que j’ai jamais vue. Ca me fait au moins une certitude, ce n’est pas si mal compte tenue de la situation.
Ah, j’ai trouvé ce que je cherchais. Une souche moussue, où me reposer quelques minutes. J’ai marché presque toute la matinée, et je n’ai pris qu’un quart d’heure à peine pour prendre mon repas. Cela fait déjà deux heures que je suis reparti, et je dois bien avouer que j’ai les jambes cotonneuses.

Je m’assieds avec soulagement. Où ais-je atterris, en vérité ? En tous cas je suis certain que je ne suis pas complètement à ma place. Un vieil homme était venu à la rencontre de Ruki, il y a une semaine, il disait venir d’un petit village construit à l’orée d’une grande forêt, et tout proche du fleuve Kuma. Pas très loin de Hakune, en somme. Il disait avoir une histoire à lui raconter : il y aurait une source sacrée dans la grande forêt. Une source cachée. Quelques personnes, dans l’histoire, aurait eu la permission d’accéder à cette source cachée par les dieux eux-mêmes. Rien de plus étonnant, car on disait que cette source pouvait guérir toutes les blessures si on plongeait dedans.
D’après ce vieil homme, un étrange samouraï masqué, vêtu d’un kimono noir et portant un katana au fourreau blanc et orné d’étranges motifs aurait été aperçu par certains cueilleurs, dans la forêt. Les habitants pensaient tout naturellement qu’il était venu chercher la source. Cependant, il leur faisait peur. Du coup, puisqu’ils n’avaient personne vers qui se tourner, ils étaient venus voir les Miyamoto pour leur demander s’ils pouvaient les engager pour faire partir cet homme inquiétant.
Et devinez qui on a envoyé ? Tout seul en plus ? Il parait que je manque d’exercice ! Elle était bien bonne !
La raison était ailleurs, sans doute. Je me prenais à penser que Ruki voulait simplement que je prenne un peu l’air et que je fasse autre chose pour quelques jours. Elle me l’avait juste dit de la manière la plus conforme à sa personnalité qui soit.
Enfin bon, Hiko était avec elle donc elle ne craignait rien. Et de toute manière ses ordres étaient censés être absolus pour moi, non ?
Et quelque part, si elle m’envoyait régler ça tout seul, c’est qu’elle avait confiance en mon épée. En tant que plus petit samouraï que j’ai connu, cette confiance m’était précieuse.

Quand bien même, cette fichue forêt m’exaspérait.
Je me relevais en ôtant, machinalement, les résidus de mousse qui m’avaient grimpé sur les cuisses. Bon, on continue l’exploration du coup ? Puisque j’avais choisi une démarche aventureuse, autant m’y tenir jusqu’au bout après tout. J’avais bien tenté d’interroger les villageois ou d’attendre qu’on voit l’homme en noir avant de partir à ses trousses, mais j’avais perdu patience et j’avais décidé de chercher la source, moi aussi. Si notre homme faisait la même chose, on finirait bien par se croiser, de cette manière.
Le problème, c’était que je n’étais pas forestier, et que je cherchais un endroit qu’on ne pouvait pas trouver. Deux failles dans mon plan, que je commençais à comprendre. En plus, j’avais pris des provisions pour deux ou trois nuits maximums, mais je commençais à me dire que j’aurais peut-être besoin de d’avantage.
Que de pensées négatives ! Je devais procéder avec méthode, voilà tout. Ca finirait bien par payer, je cherchais quelqu’un qui cherchais une source introuvable. Je ne cherchais pas la source. Et une personne, ça, c’était trouvable. Je tomberais sur lui avant qu’il ne tombe sur la source. Ma logique, sur le coup, me parut implacable.
Qu’est-ce qu’un homme pouvait espérer comme indices pour trouver une source d’eau ? De l’humidité. Si je privilégiais les chemins plus humides, donc plus denses, et plus moussus, je parviendrais peut-être à quelque chose. J’espérais seulement que l’individu que je traquais ne serait pas immédiatement hostile et que l’on pourrait parlementer. Je n’aimais pas beaucoup l’idée de croiser le fer avec un inconnu sans aucune raison. Mais quand on porte un masque, c’est qu’on veut agir le plus discrètement possible.

Je n’avais repris la route que depuis dix minutes quand je me mis à entendre du bruit. D’un pas que je voulais leste et discret, je me rapprochais des éclats de voix. Ce que je vis me laissa sans voix. Un type, tout seul, qui fouillait dans un sac en râlant copieusement, au beau milieu d’une clairière. Peut-être avait-il besoin d’aide ? Je sortis à découvert. De toute manière, il n’avait pas de masque, ce n’était pas l’homme que je recherchais.


‘’ Bonjour. Je me trompe peut-être, mais vous semblez avoir besoin d’un coup de main. Vous seriez-vous perdu, par hasard ? Je dois pouvoir vous indiquer le chemin. ‘’

Pas de marques distinctives. Mais deux armes à la ceinture. Un rônin ? Ou un vagabond qui portait un sabre à cause d’un long voyage ?


Dernière édition par Tokiwa Shiori le Dim 13 Déc - 1:44, édité 1 fois
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Clan Uesugi
Hin'i Shôma
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MessageSujet: Re: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Lun 26 Oct - 13:56

Une virée en forêt, dans un territoire qui sortait de la juridiction du clan Uesugi. Jamais Shôma n’aurait imaginé avoir ce genre d’investigation à mener. Quand on avait commencé à lui expliquer, il avait cru à une plaisanterie. Il avait même imaginé, un instant, que son Daimyo ne croyait plus en lui. Mais il avait été rapide à comprendre le réel but de cette petite expédition.
Au tout début, Ogun lui avait raconté une fable pour paysans. Le genre de fables qui parle de yokaïs et d’objets aux pouvoirs miraculeux, dont le général ne raffolait pas du tout. En l’occurrence, là, il s’agissait d’une source d’eau capable de régénérer toutes les blessures. Soit, un joli conte. Mais d’après ses informateurs, elle était située dans la région d’Iwami, dans une forêt au bord d’un fleuve. Du coup, le produit était intéressant. Imaginez. Pouvoir mettre sur le marché, à un prix exorbitant, ce genre de produit ! Ou bien même en conserver quelques flacons au palais comme une sorte d’arme secrète. C’était extrêmement tentant de faire vérifier cette rumeur. Et le Daimyo ne voulait mettre dans la confidence qu’un homme de confiance, ce à quoi Shôma était très sensible.
Il avait donné des directives à ses deux officiers pour son absence, et s’était éclipsé discrètement, sous le prétexte d’une mission secrète. Personne n’irait redire quelque chose à cela, surtout si elle était commanditée par Uesugi-sama lui-même.
Il avait pris la route en ôtant toute marque distinctive du clan qu’il servait, afin de passer pour un simple mercenaire errant. Il avait ajouté un vieux chapeau à son accoutrement. Il y avait peu de chances que qui que ce soit le reconnaisse, à Iwami, mais il valait mieux prendre quelques précautions. Les vagabonds vont et viennent à travers tout le pays : il suffisait d’un seul témoin pour que sa couverture soit grillée.

Rejoindre la forêt avait été aisé. Les villages étaient nombreux, et se ravitailler n’avait pas été trop difficile, de même que s’orienter. Personne ne sembla se méfier d’un simple mercenaire. On lui demanda bien plusieurs fois ce qu’il faisait dans la région. Dire qu’il cherchait du boulot sembla satisfaire tous ses interlocuteurs. Et puis, s’il y avait bien une chose que Shôma avait appris aux côtés de Tekkun et d’Ogun, ces dernières années, c’est que la politesse et la discrétion aidaient beaucoup à ne pas se faire trop remarquer. Même quand on portait des armes aux côtés.

** J’aurais peut-être dû demander à emmener Ten’shi et Karasu avec moi. Le voyage aurait été un peu plus palpitant. Et ça m’aurait permis d’avoir quelqu’un pour ne pas avoir l’impression que mes lames rouillent dans leurs fourreaux … **

Malheureusement, on se rend souvent compte de ce genre de choses bien trop tard. Cette réflexion ne lui était d’ailleurs venue qu’une fois la frontière passée. Et quelques katas ne suffisaient pas à détendre le jeune homme, qui même assagit par les années, avait gardé un tempérament combatif et bouillant qu’il fallait régulièrement rassasier.
Cette température monta bien plus vite à partir du moment où il entra dans la forêt. Les arbres lui donnaient l’impression de se resserrer au fur et à mesure qu’il avançait. Ce qui avait le don de l’agacer. Au final, c’était plutôt bien qu’il n’ait emmené personne avec lui : il préférait éviter autant que possible de perdre son calme devant ses subordonnés. Le sang chaud, c’est un défaut qu’on préfère afficher le moins possible quand on possède un rang comme celui de Shôma. Autrefois, ça avait été sa plus grande faiblesse, sabre en main. Aujourd’hui, il n’y avait que sabre en main qu’il parvenait à se contrôler parfaitement. Et sans pratique régulière, il craquait. Il était en manque. Un authentique drogué du sabre.

Shôma s’arrêta quelques instants dans une clairière, le temps de fouiner dans ses affaires comme un possédé pour chercher quelque chose à se mettre sous la dent. Histoire de se calmer un peu. C’est à ce moment que débarqua un second protagoniste. Un type plutôt petit et pas très impressionnant, qui lui demanda s’il avait perdu son chemin, en arborant ostensiblement son katana à la ceinture. Enfin, ostensiblement. Du point de vue de Shôma, qui était pour ainsi dire sur les nerfs, c’était un peu trop visible en tous cas.
Toutefois, le sourire diabolique qui venait de naître sur ses lèvres n’était pas arrivé là seulement à cause de ce simple fait. La personne qui lui faisait face avait beau le prendre pour un touriste et posséder une arme, jamais il n’aurait eu l’idée de faire ce qu’il allait faire s’il n’y avait pas une meilleure raison.
L’espace d’un instant, il avait vu le profil de l’homme qui lui faisait face, et la veste qu’il portait avait pris un angle étrange à cause d’une petite brise passagère.
Shôma avait vu le dragon.
Sa main se posa délicatement sur le manche de son katana.

Musique

« T’as un beau katana petit. Et ce dragon dans ton dos … Tu ne serais pas du clan Miyamoto toi ? Il parait qu’un samouraï de ton clan vaut cinq hommes au combat. »

Le chuintement du métal semblait approuver ses paroles. Shôma n’entendait que la faim de son arme.

« J’ai toujours eu envie de vérifier ça. Défends-toi ! ALLEZ ! »

Son katana partit. Il avait envoyé toute sa force dans le coup, afin d’intimider son opposant. Cependant, le but était de s’arrêter avant de le toucher. Il voulait simplement l’inciter à dégainer en le pressant un peu.
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Clan Miyamoto
Tokiwa Shiori
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MessageSujet: Re: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Mar 27 Oct - 20:31

C’était bien ma veine. On m’avait mis en garde de nombreuses fois contre les limites, voire les dangers, de l’abus de gentillesse et de compassion. Malheureusement j’avais fait une rechute. J’avais vu cet homme, apparemment contrarié, en plein milieu d’une clairière. Tout naturellement, je m’étais dit qu’il avait peut-être besoin d’aide et je m’étais proposé. Quand, avant même de me répondre quoi que ce soit, il posa la main sur le sabre qui était à sa ceinture, je manquais d’avoir un hoquet de surprise.
Le type prononça enfin ses premières paroles. Visiblement, j’avais affaire à un homme dérangé. Ou à un ennemi, arrivé dans cette forêt par un sacré concours de circonstances. L’espace d’un instant, je me demandais si ce n’était pas le fameux samouraï au masque, sans son masque. Mais la tenue ne correspondait pas … C’était sa tenue habituelle, quand il ne terrorisait pas les habitants du village ? En vrai, ça manquait cruellement de sens. En plus, le fourreau de son arme n’était pas blanc, mais entièrement en bois. C’était juste un fou, vagabond, qui cherchait le conflit sans aucune raison ? Autre que celle que j’étais au service du clan Miyamoto, bien sûr, qui n’était pas une raison valable à mes yeux. Valoir cinq hommes au combat était sa seule motivation ?
Ce type était juste un combattant de rue, en fait. Un parfait crétin qui agitait son épée en cherchant le combat pour le combat. Je posais la main sur le manche de mon katana, en tentant d’avoir l’air détendu et de sourire.


‘’ Monsieur, je pense que vous faite erreur. Je suis effectivement un serviteur dévoué de Ryu. Mais je ne suis pas du clan Miyamoto, et je sais à peine me servir de ce sabre. C’est une décoration. Est-ce que vous pourriez vous … calmer ? ‘’

Il dégaina son arme. Je me retins de grimacer, tâchant de prendre l’air paniqué qui convenait au rôle que j’étais en train de dessiner. Je préférais mille fois mentir que de prendre part à un affrontement inutile et que je pouvais éviter.
Malgré tout, ne pas me tenir sur mes gardes revenait à laisser ma vie entre les mains de ce type. Je m’y refusais copieusement.
Campé sur mes jambes, légèrement incliné, je fis glisser légèrement mon katana hors de son fourreau. Juste pour éviter qu’il ne se coince si j’étais forcé de dégainer rapidement pour me défendre. Et pour mieux sentir son poids. La route qu’il avait à parcourir pour venir à mon secours.


‘’ De toute évidence vous ne voulez pas de mon aide. Dans ce cas, je vais juste m’en al… ‘’

Le sabre de cet homme partit à une vitesse inattendue. Le coup, précis et fluide, porté avec toute la force de son corps, n’était pas celui d’un simple vagabond. C’était un coup basique, mais porté d’une façon impeccable, sans fioritures. Il avait eu un enseignement, et de qualité.
Dégainer et frapper d’un même mouvement. Cette technique était appelé l’iaidô. C’était, après l’enseignement des bases de l’art du sabre, la première technique que l’on apprenait dans la famille Tokiwa. Protéger quelqu’un signifiait pouvoir réagir rapidement dans n’importe quelle situation. Ôter le laps de temps requis pour dégainer son arme était un gain considérable.
Dans mon cas, c’était encore plus vrai. Je ne pouvais compter que sur la vitesse et la technique, et pas sur la force. Pouvoir surprendre d’un mouvement dès le début de l’affrontement était un bon moyen de prendre l’initiative. Tokagiri avait donc beaucoup insisté sur les techniques d’iaidô.
En temps normal, je les employais pour attaquer rapidement, ce n’était pas le cas présentement. Ma lame intercepta celle de mon adversaire en un éclair.
Je fus surpris de la force du coup : si mon opposant ne l’avait pas freiné au dernier moment, il aurait fait voler ma garde en éclat. Et m’aurait contraint à demeurer sur la défensive.
Profitant de l’impact, je bondissais de deux pas en arrière pour reprendre de la distance, et replaçait mon sabre dans son fourreau.


C’était étrange, tout de même. Même si le coup était fort, j’avais pourtant envoyé ma lame en opposition, au beau milieu de la sienne, afin de la stopper nettement. Mais c’était comme si mon katana avait dévié : j’avais manqué le centre de son arme. L’endroit parfait. Ma précision m’avait fait défaut ? Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas fait preuve d’une telle faiblesse, et que mes yeux me trahissaient.

‘’ Je n’ai pas envie de me battre avec vous, vous vous trompez de personne. Mais vous m’avez l’air belliqueux envers le clan Miyamoto. Ils n’ont pourtant pas beaucoup d’ennemis dans la région : que leur voulez-vous au juste ? ‘’

Je m’inclinais de nouveau, cette fois parfaitement préparé à ce qui allait venir. Je dessinais en pensée un éventuel nouvel échange, tout en espérant de tout cœur qu’il n’aurait pas lieu.
Si cet homme attaquait de nouveau, il faudrait profiter de mon jeu de jambes pour éviter son arme tout en avançant. Pas la parer, bien entendu. Inutile, il ne ferait que me repousser avec la différence physique.
Une fois l’arme esquivée, frapper un coup sec sur le poignet du dos de la lame devrait réussir à le désarmer. On employait normalement cette technique en mêlant l’iaidô, pour augmenter la vitesse de frappe, et le Battôdô, l’art de couper. Pour trancher l’air encore plus vite, et gagner encore d’avantage de vitesse afin de sectionner proprement le poignet de l’opposant. Avec le dos de la lame, le choc suffisait néanmoins à désarmer sans faire couler le sang.
Je fis un nouveau pas en arrière.


‘’ Vous avez fini votre numéro, on peut s'arrêter là ? ‘’
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Clan Uesugi
Hin'i Shôma
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MessageSujet: Re: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Mer 28 Oct - 19:50

Shôma sourit de toutes ses dents, comme un gamin qui tenait un nouveau jouet entre ses mains. La parade proposée par l’illustre inconnu qui lui faisait face l’avait carrément mis en appétit : vitesse, aplomb, technique … Le sabre de ce petit bonhomme était loin d’être, comme il le prétendait, une décoration. La qualité de sa frappe rapide, tout en dégainant, démentait complètement ses paroles, et Shôma ne pouvait pas être dupe. Il savait reconnaitre un adversaire de valeur dès lors qu’il avait sorti son arme du fourreau.
Il partit d’un grand rire. Sans pouvoir se retenir.

« Je ne te crois pas. Et même si tu étais celui que tu prétends être, je ne peux plus faire marche arrière. Tu es un adversaire de valeur, je ne peux pas telaisser filer. Je veux savoir qui est le plus fort de nous deux ! »

Le jeune général écarta les bras pour toute réponse à la seconde question de son interlocuteur.

« Le clan Miyamoto ? Je n’ai absolument rien contre eux. La seule chose qui m’intéresse chez eux, c’est qu’on raconte que ce sont des combattants exceptionnels. Et donc des personnes formidables pour mettre ma force à l’épreuve. »

Une grimace crispée apparut sur le visage de Shôma.

« Comment tu peux être aussi insensible à mon défi ? Ta parade montre que tu es fort. Ne ressens-tu pas le besoin impérieux de savoir si tu l’es plus que moi ? Comme un appel du fond de ton âme ? Tout combattant devrait ressentir cet instinct. On est dans la forêt, anonymes, et loin de toute civilisation. Oublie donc les conventions, les mœurs, et toutes ces conneries. En cet instant, il n’y a que toi, moi, et nos deux sabres ! »

Le sabre de Shôma se coinca contre sa nuque, retenu par ses deux poignets, placées contre la lame avec une attitude nonchalante et provocatrice.

« Et si je te dis que je t’ai menti, qu’une fois que je t’aurais réglé ton cas, je m’occuperais de celui des autres membres de ton clan ? Ou du clan auquel tu n’appartiens pas, hein. Je m’en fiche. J’irais me charger personnellement de chacun d’entre eux, un par un, et je terminerais par votre Daimyo. Si je te présente les choses comme ça, tu te décideras à te battre ? Ou faut-il en plus que je m’amuse à tous les insulter un par un et à piétiner ta fierté jusqu’à ce que tu te décides ? Qui peut bien être la personne la plus importante pour une femmelette comme toi ? Pas toi-même, déjà, c’est sûr. Ca ne sert à rien qu’on parle de toi. Hum. Mère ? Sœur ? Une petite femme dans ta vie, peut-être ? Ton seigneur ? Dis-moi tout, par qui on commence ? Des atouts de quelle gonzesse, et de ce que j’en ferais bien à l’occasion, je te parle en premier, mon petit ?»

Shôma, fanfaron, n’en gardait pas moins un œil sur les réactions de celui qui lui faisait face. D’un mouvement théâtral il plaça son katana devant lui, en position de garde à deux mains. Si ce qu’il lui avait dit ne suffisait pas, cette fois, ce n’était effectivement pas un samouraï. De telles provocations, il ne pouvait quand même pas les laisser passer. S’il le faisait, le jeune général rengainerait effectivement son sabre, par contre. Affronter un adversaire aussi peu combattif qu’il laissait absolument tous ceux qui lui étaient chers être trainer dans la boue sous ses yeux, alors qu’on lui offrait l’opportunité de les défendre, c’était prouver qu’on avait aucune valeur en tant qu’homme et en tant qu’épéiste. Même si sa force était grande, c’était le seul moyen que ce combat n’ait pas lieu : il ne défiait que les hommes qui avaient de l’honneur, du cœur, et l’instinct d’un guerrier. Celui-là n’aimait pas se battre sans raison. Soit. Maintenant qu’il l’avait, sa foutue raison, il fallait qu’il se bouge.

Il repensa quelques instants à son propre seigneur, à son maître, ou même à son grand-père qui auraient probablement désapprouvé son attitude présente. Aucun d’entre eux n’était là pour le voir, heureusement. En vérité, Shôma n’en était pas trop fier non plus. Mais ça faisait des années qu’il n’avait pas eu l’occasion de croiser le fer avec un adversaire à la hauteur. Dans un pays en paix, les occasions sont trop rares. Il avait besoin des sensations d’un vrai combat, et cette soif avait ravivé ce qu’il y avait de mauvais en lui. Mauvais, mais enivrant. L’appel du fer le plongeait presque dans un état second.
Malgré tout, il restait fixé sur le petit samouraï, qui venait de se remettre dans la garde de l’iaidô. C’était quoi ça ? Il réutilisait à nouveau cette technique-là ? C’était quoi au juste, sa botte favorite ? Il avait déjà montré qu’elle lui fournissait une défense rapide et réactive. Maintenant, Shôma voulait voir ce que ça donnait en attaque.
Son katana en main il fournit à son adversaire un nouveau sourire amusé, qui se voulait agaçant. Allez, quoi, t’as vraiment envie que je me mette à débiter des choses salaces ?
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Clan Miyamoto
Tokiwa Shiori
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MessageSujet: Re: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Jeu 29 Oct - 1:26

Musique

‘’ Ca suffit, pas un mot de plus ! ‘’

Je ne contrôlais pas mes émotions. Ce fait ne changerait jamais. Je ne pouvais dissimuler ma surprise, mon embarras, ou ma tristesse. Je l’avais vérifié à de multiples reprises. Eh bien je pouvais encore ajouter quelque chose à la liste, parce que contenir ma colère m’était également impossible. Ma main droite essayait vraisemblablement de briser en morceaux le manche de mon katana, et mon poing gauche, prostré sur lui-même, était serré dans un effort surhumain ayant pour seul but de réduire mes doigts à néant.
Cet homme ne respectait donc rien ? Il faisait passer sa stupide soif de combat avant sa fierté et son honneur ? Il n’avait rien fait dans les formes, et n’avait pas oublié de briser toutes les traditions possibles afin, seulement, d’obtenir un affrontement avec un parfait inconnu. Si encore j’avais su à qui j’avais affaire ! Mais il n’avait pas non plus daigné se présenter.
Tentant de réprimer les bouffées rageuses qui me transportaient, je tentais de lui offrir une dernière corde à laquelle se rattraper pour se racheter :


‘’ Je suis Tokiwa Shiori, héritier des valeurs de ma famille, et dont l’existence est dédiée à la protection du clan Miyamoto. Poses tes armes par terre, retires immédiatement tout ce que tu as dit et repends-toi en excuses. Si tu ne le fais pas, tu auras ton combat, mais tu regretteras d’avoir provoqué ouvertement mon clan et ma famille. ‘’

Je pouvais aisément contenir des propos moqueurs à mon encontre. Qu’il m’appelle petit bonhomme ne me plaisait pas, mais je le supportais sans trop de problème. D’autant plus que c’était la stricte vérité et que je ne m’en cachais pas. Qu’il s’en prenne à ma mère, à mes sœurs, et à Ruki, ça, je ne pouvais pas laisser passer. Quand bien même il ne savait pas ce qu’il disait, et quand bien même le disait-il uniquement dans le but de me provoquer. Un homme n’avait-il pas le devoir de défendre l’honneur de ses proches ?
Je n’avais que peu d’espoirs avec ce dernier avertissement. Je fermais les yeux un instant pour adopter la posture de l’iaidô.


‘’ Tu l’auras voulu. Ca me rappelle ce conte que l’on me racontait quand j’étais petit. Celui d’un homme qui dansait devant la gueule d’un dragon, complètement inconscient du danger et sûr de sa force. Le dragon l’a ignoré, jusqu’à ce que l’homme le provoque verbalement. Tu sais ce qu’il est advenu de cet homme ? ‘’

Une impulsion, tirant parti des années passées à développer les muscles des mollets et des cuisses, réduisit en un instant la distance qui me séparait de l’inconnu. Pendant que mes jambes et mes hanches exécutaient les mouvements nécessaires à ce déplacement dans l’espace, mes épaules et mes bras firent coulisser mon katana hors de son fourreau, un crissement aigu et métallique, qui accompagna parfaitement les chocs produit par les sandales sur le sol. Une mélodie soigneusement accordée. La colonne vertébrale et les abdominaux servaient de lien entre le bas et le haut du corps, garantissant une certaine harmonie, tandis que les yeux fixés sur l’opposant s’occupaient de la direction spatiale, et de la coordination de l’ensemble du corps.
La lame, profitant de l’élan et du mouvement ample exécuté en profitant de la distance parcourue, arriva à toute vitesse en direction du ventre de mon adversaire, pour un coup de taille basé sur l’élan de l’attaque, et la vitesse du bras, afin de compenser le manque de force.

Je m’en serais tenu à cette unique attaque si j’avais simplement voulu le corriger, ou que j’avais estimé qu’il n’était pas quelqu’un de fort. Mêler l’art de l’iaidô et du battôdô suffisait avec la plupart des adversaires pour expédier le combat en un instant, ou tout du moins prendre un avantage significatif. Mais il avait déjà vu mon iaidô pour le précédent mouvement défensif et connaissait donc approximativement ma vitesse, donc mon timing. De plus, si la plupart des samouraïs s’appuient sur leur faculté à rester stoïque devant tout et à contenir leurs émotions pour être efficaces, je fonctionnais exactement à l’opposé. Mes sentiments, c’était mon carburant. Et j’étais en train de découvrir que la colère m’inspirait énormément.
Au moment de porter mon coup, je plantais mes talons dans le sol. Le choc fut brusque à travers tout mon corps : je venais de briser complètement mon élan. Je me souvins de l’image du roseau que mon maître m’avait enseigné. Ce n’était pas par la force qu’on reconduisait la puissance dans le corps, mais par la souplesse. Je pliais donc mon corps pour réorienter mon arme, sans forcer, en écoutant mes muscles et en suivant leur mouvement. Pas en leur imposant. Au lieu de frapper sur le flanc droit de mon adversaire, mon épée vint lécher sa cuisse gauche.

Tandis que j’espérais voir mon coup porter, mes yeux restaient fixés sur son propre katana : si jamais je ne l’avais pas touché assez sérieusement, il allait tenter de riposter, et mon arme ne pouvait pas me défendre. De même que le bas de mon corps, fatigué par l’effort qu’il venait de produire pour rediriger mon attaque, ne pouvait pas réagir efficacement.
Si je voulais éviter la riposte, mes yeux et le haut de mon corps devaient être parés à réagir afin de se faufiler sous l’attaque. Je me retrouverais ainsi dans son dos, où j’aurais tout loisir de reprendre mon équilibre.
Tout en pivotant, je repris équilibre dans le dos de mon adversaire, et remit mon katana dans son fourreau d’un geste précis. De nouveau, ce serait la garde de l’iaidô.

J’avais une éraflure sur le bras. Alors il avait tout de même réussit à me retourner le coup ? Restait à voir les dégâts que lui avait encaissés, maintenant …


‘’ Je te préviens, maintenant, il est trop tard pour que tu renonces. Ah, et pour l’homme qui avait provoqué le dragon. Je peux te le dire, pour que tu meures moins bête : il a fini carbonisé. ‘’
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Clan Uesugi
Hin'i Shôma
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MessageSujet: Re: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Jeu 29 Oct - 17:37

Décidément, Shôma avait dû mettre le paquet pour réussir à énerver le type qui lui faisait face. Mais il avait eu raison : pour mettre en rogne ce genre de personnage, il fallait s’en prendre à ceux qu’il chérissait. Le jeune général avait tâtonné un peu au hasard, mais il était apparemment bien tombé, parce que le petit bonhomme avait enfin décidé de passer aux choses sérieuses. Eclats de voix, puis menaces. Il arrivait encore à lui proposer une alternative malgré la colère qui le consumait ? Shôma soupira : ça existait vraiment, quelqu’un d’aussi incorrigible ? Retirer ce qu’il avait dit et faire des excuses pour éviter le combat … Hors de question : Shiori était bien capable de réellement éviter le combat s’il s’exécutait.

« C’est d’accord. Je retire tout et je présente mes excuses, si tu arrives à me vaincre. Je pense qu’avant de mourir, j’aurais quand même l’occasion de faire ça. Mais avant ça, il va falloir que tu réussisses à m’abattre. »

Tokiwa Shiori. Ce nom ne lui disait absolument rien. Mais Shôma avait déjà mis du temps à apprendre le nom de toutes les familles de samouraï au service du clan Uesugi ou des clans états d’Iwami. Alors autant dire qu’il en savait très peu sur celles qui servaient le clan Miyamoto. En tous cas son flair avait été bon : il avait bel et bien affaire à un samouraï de ce clan. On vantait leur incroyable talent au combat, et autant dire que le jeune général était vraiment pressé d’en découdre et de constater ça par lui-même.

Un haussement de sourcils accueillit l’entrée en matière de Shiori dans ce combat. Un conte sur un impudent qui avait défié un dragon ? Attendez. Il se prenait pour un dragon, ce petit bonhomme ? Evidemment, sinon lui raconter ça maintenant n’avait aucun sens.

« Eh bien. D’abord, tu fuis le combat, ensuite tu te couvres de fausses excuses pour réprimer ton envie de te battre, et maintenant tu fais des lignes spirituelles et tu racontes des contes pour vieillards ? Tu ne devais pas me régler mon compte ? Contentes-toi de tirer ton sabre et de mener le premier assaut. Arrêtes de jacasser. C’est irritant. »

Tirer son sabre ? Non, il n’allait pas le faire. Shôma reconnaissait la garde inclinée qu’il venait d’adopter. Il l’avait déjà utilisée pour se défendre quelques instants plus tôt. Il allait à nouveau employer sa technique de dégainé rapide. Mais cette fois-ci pour attaquer. Mais même si ce semi homme était rapide, si Shôma s’attendait à son attaque, il aurait tout loisir de l’anticiper et de parer. Il allait réellement user deux fois de la même technique face à un même adversaire ? C’était une façon de lui montrer qu’il le considérait comme un moins que rien ?

** Peut-être que la colère l’aveugle simplement et qu’il veut régler ça rapidement. Les techniques visant à dégainer et frapper dans le même mouvement sont des techniques offensives à classer dans la catégorie ‘ultra rapides’. Finir en un seul assaut, prendre immédiatement l’initiative et l’avantage. Par contre, avec l’élan produit, si je bloque parfaitement, je serais en position idéale pour riposter. Parfait, amènes-toi petit samouraï ! **

Le coup partit. De taille. Comme prévu, une impulsion pleine d’aplomb, et un tranchant rapide et cinglant. Si Shôma ne s’était pas attendu à ce genre d’attaque, il n’aurait pas pu mettre son propre sabre en opposition pour parer l’attaque.

** Y’a pas de doute, ce type est beaucoup moins fort que moi physiquement. Pourtant, je ne le sens pas désavantagé sur cette attaque, pourtant frontale. Et il est petit, du coup la hauteur de son katana est inhabituelle. Avec sa vitesse, et cette attaque par en bas, c’est dur de bloquer correctement. Quelle technique remarquable. Mais bon, c’est termi… Quoi ? **

Le coup avait dévié, pour viser sa cuisse gauche. En désespoir de cause, voyant qu’il était touché, Shôma tenta de rendre l’assaut en visant le bras porteur de son adversaire, mais celui-ci sembla glisser hors de portée. Pourtant, le tranchant de son arme mordit à travers la manche de son opposant. Il était difficile d’éviter, au millimètre près, les attaques de Shôma, à cause de son bras qui rendait la lame floue. C’est uniquement grâce à cette caractéristique qu’il était parvenu à rendre le coup, et il s’en rendait bien compte. Ca le dépitait, mais d’un autre côté, s’il n’avait pas à faire à un adversaire aussi dangereux, où serait le challenge ? Le sentiment d’affronter quelqu’un qui est capable de te mettre à mort à la loyale … De confronter deux esprits, deux arts du combat, et deux voies différentes … C’était tout simplement exquis !
Les yeux de Shôma descendirent un bref instant vers sa cuisse. Entaillée profondément. C’était problématique sur la durée, mais ça ne l’empêcherait pas de bouger dans l’immédiat. Il faudrait qu’il la bande après cet affrontement. S’il en réchappait, bien sûr.
La main gauche du jeune général tira son kodachi du fourreau.

** Si j’essaye de mener l’attaque et la défense avec une seule arme, il va me surclasser par la vitesse, je dois employer le Ni Hane Houou contre ce type d’adversaire. Par chance, s’il n’a pas le premier élan, il risque de manquer de force. Tenir mon katana à une main ne sera alors pas un problème. **

Shôma se jeta sur son adversaire, toutes serres dehors. Son plan était simple, mais fluide. Frapper avec la lame floue de son katana pour tromper les yeux de Shiori. Le kodachi, quant à lui, viendrait en opposition aux attaques adverses. S’il réussissait à se coordonner correctement, il n’y avait pas de raison que la vitesse de son opposant soit un problème, du coup. Et s’il n’avait pas cette vitesse, que pourrait-il avoir de plus que lui ?
La première attaque de Shôma était un coup de haut en bas, tout en puissance, directement vers le visage de son adversaire. Pendant ce temps, son kodachi se préparait à intercepter la riposte …
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MessageSujet: Re: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Dim 1 Nov - 23:07

Je plissais les yeux, tout reprenant la position de l’iaidô. Encore. C’était encore arrivé. C’était la seconde fois maintenant. J’étais certain de pouvoir me glisser parfaitement hors de portée du sabre de mon opposant. De justesse, mais j’avais eu l’impression de pouvoir l’esquiver. Pourtant, j’avais mal jugé sa trajectoire, et l’acier m’avait mordu la joue. Ce n’était pas à cause de sa technique, elle était somme toute assez standard. C’était plutôt comme si son arme était difficile à voir. Plus je la fixais plus je m’en rendais compte : la lame était floue. Quand il tira sa seconde arme du fourreau, je le distinguais d’autant plus clairement que ça semblait spécifique à son katana. Le kodachi paraissait, lui, complètement normal.
La surprise m’agrandit les yeux. Qu’est-ce que c’était, au juste ? Son arme avait été faite dans un acier spécial ? Non, c’était peu probable. L’acier semblait être le même que celui qui composait son kodachi, ça venait sûrement d’ailleurs. Comme le phénomène se produisait également au repos, ce n’était pas une technique d’escrime, c’était autre chose.

Je tâchais de me calmer à grands renforts de respirations. Peu importait. C’est vrai que comprendre l’origine de cette particularité m’aurait aidé, mais pour l’heure, simplement tenir compte de celle-ci était suffisant. Je ne pouvais pas esquiver son arme de justesse, voilà tout. Il me fallait le faire plus proprement, avec un peu plus d’écart. Ca réduirait mon champ de contre-attaque, parce que le détour serait plus grand et prendrait donc plus de temps, mais pas le choix. Si je me prenais un vrai coup parce que je me bornais à esquiver au millimètre, je risquais de voir le combat m’échapper. En plus, il ne fallait pas s’y tromper : même sans contre-attaque, la longue durée était désormais à mon avantage : sa cuisse saignait abondamment. Il avait encaissé une sérieuse entaille.

Le vrai point préoccupant, ce n’était pas cette arme floue, mais la seconde qu’il avait sorti. Il avait perdu le premier échange, et répondait en conséquence. La parade qu’il avait choisi à mon style de combat, c’était le combat à deux armes. Une réponse adaptée, s’il en est. Puisque j’étais plus rapide et qu’il ne pouvait pas enchainer attaques et parades à un rythme convenable, il séparait les rôles en deux armes. La logique était bonne, et était problématique pour moi. Normalement, se battre à deux armes diminue la force qu’on injecte dans une seule. Contre un adversaire de mon type, ce n’était pas un problème, puisqu’il aurait deux armes disposant de la même force de frappe que je n’en avais en une seule.
Il avait trouvé en peu de temps la meilleure façon de me combattre dans un duel. C’était plutôt bien vu. Plutôt que de conserver la garde de l’iaidô, je dégainais immédiatement mon katana pour le tenir à une main. Il n’allait pas juste m’attendre cette fois, et une charge frontale ne serait pas à mon avantage maintenant qu’il avait sorti cette carte de son chapeau. Surtout en considérant le fait que me faufiler hors de la morsure de son katana n’était pas envisageable en même temps qu’une attaque, à cause de la lame floue.
Pas le temps de se concentrer sur l’iaidô, du coup. Il allait falloir parer son épée et esquiver le kodachi, seul élément du duo que je pouvais voir clairement.

L’attaque arriva. Les deux katanas s’entrechoquèrent bruyamment. J’avais tout simplement mis mon arme en opposition, en croix, pour être sûr de l’intercepter. Chercher une parade approximative, même si ça me faisait gagner du temps, était en trop gros risque. Pas de fioritures, j’avais opposé toute ma force à l’attaque du samouraï vagabond. Par contre, elle empêchait une riposte immédiate. Mes yeux étaient rivés sur le kodachi, qui était le vrai danger pour moi, actuellement. L’arme semblait avoir été conservée pour riposter, mais en voyant que rien ne venait, elle passa à l’offensive.
Seulement, encore sous pression par le katana de mon adversaire, je ne pus pas l’esquiver correctement, et le kodachi me mordit sauvagement le flanc. En serrant les dents, et sachant que je ne pouvais plus esquiver cette blessure-là, je cherchais un moyen de rendre le coup le mieux possible.

La grande brute semblait croire qu’il n’y avait que les armes blanches qui entraient en compte lors de ce combat, mais j’allais devoir le faire mentir pour répliquer. Peu importait qu’il utilise deux armes ou une seule au fond : la capacité de concentration humaine ne permettait pas d’en utiliser trente-six en même temps. Pour être à égalité avec quelqu’un qui utilise deux armes contre une seule, il fallait que je m’en trouve une deuxième ailleurs.
Mon pied, dans un effort incongru et rendu possible uniquement par souplesse, frappa sèchement sa cuisse, à l’endroit où il était blessé.

Le contact se rompit, alors que nous reprenions de la distance. Je posais la main sur mon flanc droit, désormais entaillé, lui aussi. Ce n’était pas prévu au programme. Heureusement, l’endroit était plus près de mon sabre que sa blessure à la cuisse. J’aurais plus de facilité à protéger mon nouveau point faible que lui.
Reste concentré, Shiori. Tu as encore l’avantage. Le temps joue toujours pour toi. Il saigne encore plus, maintenant que mon pied l’a frappé. Laisse-le venir. Epuise-le. Et quand il sera encore plus faible, achèves-le d’un coup de sabre, aussi rapide et explosif que tu le peux.
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MessageSujet: Re: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Dim 8 Nov - 15:38

Shôma était entre le sourire satisfait et la grimace de douleur. Le petit samouraï avait encore raté un mouvement à cause de son sabre flou. Et la pression mise par cette arme inhabituelle pour lui avait permis au jeune général de lui entailler le côté droit du ventre. Ca aurait pu être une bonne opération, d’avoir réussi à égaliser le nombre de blessures. Un partout, c’était mieux que une à zéro, mathématiquement. Seulement, son adversaire avait gardé un calme effrayant et accepté le coup, ce qui lui avait permis de lui infliger un coup de pied à la cuisse. Shôma l’avait carrément mal encaissé. Auparavant, il saignait un peu, quand bien même la blessure était profonde. Un coup d’œil lui suffit à s’apercevoir que, maintenant, il y avait trois fois plus de flots rouges qui s’échappaient de la blessure, et que ce n’était pas bon du tout.
Il se remit en garde, en résistant de toutes ses forces pour ne pas boiter. Pour gagner du temps avant la syncope par exsanguination, il aurait fallu qu’il bande sa blessure au plus vite. Même avec un bout de vêtement, juste histoire de limiter les pertes. Mais s’il se permettait ce genre de mouvement au beau milieu d’un combat à mort, il allait y passer. Maintenant qu’il songeait à cette possibilité, ses yeux s’agrandirent dans leurs orbites.

** Il va me tuer … **

Il n’avait pas été spécialement moins bon que son adversaire. Seulement, Shiori avait pris le risque d’une attaque rapide sans connaitre les capacités de Shôma, et il avait réussi à lui infliger une blessure importante rapidement, avant même que le combat ne commence. Et pour le moment, tout se jouait sur ce risque.

** Si ça continue, il va vraiment me tuer … **

La dernière fois qu’il s’était retrouvé dans une situation semblable, il n’était qu’un morveux imbu de lui-même et qui n’avait ni objectifs, ni honneur, ni cause à défendre. En somme, de la force brute, sans un cœur pour la faire avancer, et sans un code pour de vie pour la contrôler. Ce n’était plus le cas désormais. Il ne pouvait pas perdre à nouveau, sinon tout perdrait son sens. La dernière fois, il n’avait ni professeur, ni modèle. Cette fois, c’était le cas. S’il échouait ici, cela signifiait que son professeur n’était pas le meilleur, et que le modèle qu’il suivait lui fournissait moins de force que celui du petit samouraï. Et ça, il ne pouvait pas l’accepter.

** Je ne peux pas mourir comme ça. Pas lors d’un duel de face, sans aucune tricherie. **

En plus ce type lui sortait par les oreilles. Il était fort, mais ce n’était clairement pas un guerrier, tout juste une sorte de simili. Une imitation. Quelque chose de faux. Il n’avait aucun instinct de combattant, il en avait juste la technique … Quelle bien pâle imitation, d’ailleurs. Les bras maigres, le corps faible, et pas le cœur à combattre pour combattre. C’était inacceptable. Perdre contre une imitation, c’était être un moins que rien.

Shôma, qui avait appris à combattre auprès du général Yamamikaze, avait appris à contrôler sa force, instable jusqu’alors, pour que son style devienne propre et éclatant. Et pas la bouillie infâme et informe qu’il avait été précédemment.

« Tu fuis jusqu’à être dos au mur. Tu n’as pas envie de te battre. Je ne comprends pas. Si tu acceptais la soif de sang, si tu acceptais l’envie de mesurer sa force à tout prix, tu serais … RAAAAAH ! Tu me dégoutes, pauvre type. Tu crois quoi au juste ? Comme t’es un petit bonhomme de rien du tout, tu n’as aucun talent guerrier, c’est ça ?! Alors tu restes calme et tu fais comme si tu ne sortais ton épée que pour une bonne raison ?! TU AS TORT ET TU TE RENIES ! T’ES UN GUERRIER, MERDE, ACCEPTES-LE ! »

Il avait perdu pied. C’était presque intentionnel. Il devait s’énerver, il ne pouvait pas battre ce type en suivant les enseignements de son grand-père et de son mentor désormais. Shôma devait prendre un risque, comme son adversaire l’avait fait, pour retourner le combat à son avantage. Renier sa maitrise de lui-même pour tenter une action surprenante, afin de prendre au dépourvu son opposant. C’était tout ce qu’il avait trouvé.
La douleur commençait à disparaitre dans sa cuisse, ses yeux se dilataient. Des flots d’adrénaline se répandaient dans son corps, et il avait l’air comme possédé.
Sans prévenir le moins du monde et sans signes avant-coureur, son bras propulsa son kodachi droit vers le petit samouraï. Il le suivit de près, bondissant de toutes les forces de ses jambes, pour une frappe au katana qui utiliseraient toute la force de ses bras. Il avait complètement abandonné sa garde, et l’idée de se défendre.
Il voulait prouver quelque chose au petit samouraï : voilà, ce que c’était, de réellement prendre un risque et de se donner à fond pour quelque chose en lequel on croit. Il était prêt à tout pour montrer que c’était lui, le plus fort des deux.

« YAAAAAARRGH ! »
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MessageSujet: Re: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Lun 9 Nov - 19:52

Je commençais à avoir du mal à garder mon sang-froid et ma concentration à leurs maximums : le type qui me faisait face, pour une raison qui m’était inconnue, semblait commencer à prendre le combat que nous livrions comme quelque chose de personnel. J’avais cru à un simple fou, mais c’était bien pire que ça finalement. Sa logique n’était pas celle d’une bête assoiffée de sang : il suivait une vraie voie sous son raisonnement bancal. Le sabre d’un samouraï est un peu son essence. Selon la manière dont il l’utilise, et les raisons qui le poussent à le dégainer, on peut en déduire la voie qu’il a choisie, et sa personnalité. Et pour lui, ce n’était pas seulement une question d’instinct. La voie du sabre était pour moi un moyen. Pour ce type, c’était une fin en soi. Il ne cherchait qu’à prouver sa force.
Quand il se mit à crier, je compris qu’il n’avait plus les pieds sur terre. La blessure, le manque de sang, ou simplement sa position d’infériorité … Il était en train de perdre sa concentration et le fil du combat. C’était presque comme s’il était en train, progressivement, de me laisser la victoire. Maintenant qu’on en était là, je pouvais tirer parti de ça pour pousser encore mon avantage. L’énerver d’avantage pour réduire le reste de sa concentration à néant, et qu’il devienne prévisible et facile à lire.


‘’ Je ne renie rien du tout, je suis un guerrier. Ca fait bien longtemps que j’ai accepté de l’être. Mais la définition que tu donnes d’un guerrier, c’est celle que je donne d’une bête sauvage. Même une bête peut employer une arme pour se battre jusqu’à la mort. Un guerrier, lui, dégaine son arme pour défendre quelqu’un ou quelque chose. ‘’

Je me remis en garde, et me forçais à sourire. J’avais pour but de l’exaspérer après tout, il fallait employer les grands moyens. Montrer que je le méprisais, ou me moquais de lui était le plus efficace selon moi à l’heure actuelle.

‘’ Tu vois ? Selon ma définition à moi, en ce moment, je suis un guerrier, mais tu n’en es pas un. ‘’

Le rictus de colère qui était apparu sur son visage présageait quelque chose de plutôt bon. J’avais été convaincant. Sa prochaine action ne serait pas réfléchie, il allait juste me bondir dessus toutes griffes dehors. Il fallait que je réussisse à utiliser toute mon adresse pour esquiver et le désarmer. Que ce soit le katana ou le kodachi, peu importait. Quand il n’avait qu’une arme en main, j’avais largement l’avantage. Depuis qu’il avait attrapé son kodachi, c’était devenu plus compliqué. A une arme partout, il ne pouvait pas suivre ma vitesse, surtout avec sa jambe dans cet état.

Je fus complètement pris de court. Ma tactique était bonne, déduite d’une analyse objective de la situation. Mais mal estimé ce que voulait dire, pour cet adversaire, perdre le contrôle. Le kodachi qu’il me lança en plein visage, je l’esquivais de justesse. Mais ce mouvement était réellement problématique : il s’était élancé pendant le laps de temps qui m’était nécessaire pour ma glissade latérale. Du coup, j'étais trop juste pour tenter une seconde esquive. En temps normal, je l’aurais tout de même tentée, mais sa technique de lame floue m’empêchait de réussir les esquives trop justes. Ce n’était même pas envisageable : avec son élan, son saut, une frappe à deux mains, sans oublier la différence de taille et de muscles qui ajouteraient encore à l’impact … Un tel risque, du cinquante-cinquante. Mais si j’échouais, c’était la mort instantanée.

Merde.


Je plaçais mon katana à l’horizontale. La main gauche fermement agrippée à la poignée, la droite posée sur le plat de la lame afin de soutenir l’effort. Je devais parer d’en-dessous et absorber le choc. C’était la seule stratégie viable. Encore une fois sa lame étrange m’empêchait d’accompagner son mouvement en faisant glisser son arme le long de la mienne.
Cet échange allait se résumer à un duel de force. Autant dire que j’étais carrément désavantagé. Et l’impact vint. Sa violence me meurtrit les paumes, et résonna dans mes avant-bras. Le temps d’en reprendre le contrôle, et je réalisais que je ne pouvais plus contre-attaquer. J’étais forcé de lui laisser la main mise sur le combat.
Sa manœuvre complètement aléatoire lui donnait l’avantage pour toute la durée de cette passe, et je n’allais pouvoir ni esquiver, ni attaquer.

Par contre, au moment où il romprait l’engagement ou reprendrait son souffle, me permettant de le faire, j’aurais gagné, et cette fois il n’aurait plus aucune chance de refaire surface. Il avait jeté sa seconde arme, et toute la force qu’il utilisait pour se propulser était en train d’aggraver sa blessure à la cuisse.
En fait, même si je ne tenais pas l’échange, tant que j’évitais une blessure mortelle, il risquait de s’effondre de lui-même à cause des pertes de sang.
Il fallait juste tenir et tout donner dans ma défense. Si jamais je voyais une opportunité, et même si elle devait occasionner une blessure, de m’échapper de cette impasse, je devais la saisir aussitôt.

Je serre les dents, me préparant au prochain impact.
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MessageSujet: Re: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Ven 13 Nov - 12:21

Il ployait. Le petit samouraï, sous la force du coup de Shôma, était passé complètement sur la défensive et ne pouvait pas riposter. Le jeune général venait de reprendre l’avantage avec un coup explosif, entièrement constitué de brutalité. Un autre coup comme celui-là, et il ferait voler son sabre. Ou bien il le briserait. Le laissant totalement sans garde. Cet homme était rapide et vif, mais il était trop faible pour le repousser sur le plan de la force physique pure. Un sourire dément apparut sur le faciès de Shôma. Ca y était, il allait pouvoir l’emporter finalement. Laisser la soif de sang et la rage de vaincre l’emporter sur lui-même un bref instant avait été le bon calcul. Cette pensée lui fit reprendre ses esprits alors qu’il armait son bras pour un nouveau coup dévastateur.
Mes mouvements étaient de nouveaux complètement les miens, mais au moment d’asséner le fameux coup vertical qui me ferait démolir ce morveux, je me sentis pris d’un vertige, et mon arme dévia carrément pour manquer ma cible. J’avais tout bonnement écrasé mon katana au sol à côté de lui, et il venait d’en profiter pour reprendre de la distance de deux pas chassés véloces. Je relevais péniblement mon corps courbé pour replacer mon katana devant moi, le tenant fermement des deux mains.
La réalité l’avait rattrapé en même temps que l’adrénaline avait reflué dans son organisme. Ses appuis l’avaient trahi. Quand la douleur dans sa jambe était revenue, elle avait pliée et avait empêché Shôma d’exécuter correctement son attaque.
Ce n’était que partie remise, cependant, il allait pouvoir à nouveau se concentrer, réunir ses forces, et tenter d’encaisser son coup de sabre pour pouvoir lui porter une attaque puissante.
A nouveau, la vérité le frappa et ses doigts se crispèrent sur la garde de son arme.


** Je ne peux plus bouger la jambe … **

La douleur était trop forte, elle ne lui répondait plus du tout. C’était tout juste si elle le maintenait debout. Impossible de s’appuyer sur elle pour attaquer en puissance, et impossible de prendre une impulsion pour se déplacer. Shôma devait à peine pouvoir la trainer.

** Je n’ai plus mon kodachi pour me défendre, donc il va pouvoir me prendre de vitesse pour m’attaquer. En plus il m’a prouvé qu’il savait feinter habilement, ou utiliser ses jambes pour me distraire ou frapper un point affaibli. Mon seul espoir serait qu’il manque un point vital et que je puisse riposter immédiatement avant d’y passer. **

Les yeux du jeune général croisèrent ceux de son adversaire l’espace d’un instant. Il les trouva aiguisés. Il devait être fatigué, son corps haletant, la sueur qui perlait sur son front le prouvait. Par contre, ses yeux demeuraient toujours aussi vifs.

** Pas moyen qu’il les loupe. Son style repose sur la technique et la vitesse. Ce n’est pas des techniques de désarmement qu’on apprend à ce genre de samouraï. Mais du pur Kenjutsu. Toute à l’heure, si je n’avais pas été assez expérimenté pour esquiver, il m’aurait transpercé les points vitaux à chacun de ses assauts. Maintenant que je suis immobile, je suis une cible facile pour lui. Un mannequin d’entrainement. La prochaine attaque prendra ma vie sans coup férir. **

Shôma sourit. Il se rappelait ses affrontements avec Tekkun, l’adversaire le plus fort qu’il ait eu à combattre jusqu’ici. Il lui avait très clairement dit que les coups qu’ils s’étaient portés, s’ils pouvaient tuer un homme, n’étaient pas portés dans ce but. Que lorsqu’il rencontrerait quelqu’un d’aussi fort ou de plus fort que lui en combat réel, ce serait bien différent. Alors, bien sûr, il avait rencontré pas mal d’individus qui avaient tentés de le mettre à mort. Mais jamais de son niveau. Les bandits ou les déserteurs étaient rares à Iwami, et ceux qui faisaient ce choix n’étaient généralement pas un défi pour Shôma.
Au moins, il aurait connu un vrai combat avant d’y rester.
Bon, et maintenant que la mort était certaine, que lui restait-il comme options ? L’attendre sagement ? Certainement pas, il se battrait jusqu’à avoir son dernier souffle parce que c’était ce qu’un vrai guerrier devait faire, n’en déplaise au petit samouraï idéaliste qui lui faisait face. Ne restait donc qu’une seule solution : ne pas perdre, et l’emporter avec lui dans l’autre monde. Il n’allait pas tenter de passer outre ses feintes ou de se soustraire à ses attaques. C’était inutile, il ne pouvait pas ne pas mourir. Maintenant qu’il l’avait accepté, c’était bien plus simple. A l’instant où il sentirait la lame mordre sa chaire, que le sabre l’aurait traversé, il y aurait un moment pendant lequel son opposant ne pourrait pas se déplacer, où il essaierait de retirer l’arme. Shôma allait conserver toutes les forces possibles pour frapper à ce moment-là.

Avec un sourire torve, il provoqua son opposant de la main gauche, alors que sa main droite posait son arme sur son épaule droite. Et oui, il avait encore la force de faire le fier.


« Alors tu viens mauviette ? J’te laisse une attaque d’avance, et après ça je t’éclate ! »
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MessageSujet: Re: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Mar 24 Nov - 16:20

Les assauts brutaux entamés par mon adversaire venaient de cesser aussi violemment qu’ils avaient débutés. Au final, il m’aurait fait douter sur une seule frappe, avant que sa jambe ne l’empêche de reprendre appui. Et au vu de ses tremblements et du ploiement qu’elle semblait subir, qu’elle l’empêche tout simplement de se déplacer. Sans l’adrénaline, ce n’était même pas certain que cet homme puisse tenir debout tout court. Quand il aurait pris conscience de la douleur, ce serait sûrement une autre histoire.
Son ultime provocation ne me dérida pas. Par contre, elle me fit prendre conscience de la situation et me sortit de ma transe meurtrière.
J’avais déjà lavé les affronts subis. Perdre au cours d’un duel était le pire déshonneur pour un samouraï. En suivant mes enseignements, puisque j’avais provoqué ce duel suite à un outrage, j’aurais dû le mettre à mort à moins qu’il ne prie pour sa vie et me demande à genoux d’arrêter mon sabre.
J’aurais dû m’approcher de lui d’un pas mesuré et profiter de son début d’exsanguination pour trancher proprement la main qui tenait le sabre, lui ôtant par là tout dernier espoir de soubresaut post-mortem. Ensuite, porter le coup mortel. En plein cœur, parce que je n’étais pas capable de lui trancher la tête proprement au vu de ma force.

Mais on m’avait aussi enseigné de ne jamais m’en prendre à un adversaire désarmé. Il fallait que je trouve un compromis. Quelque chose de juste et d’honorable, que mes ancêtres ne désapprouveraient pas trop fortement et que ma Daimyo approuverait. Je ne pense pas qu’elle m’aurait demandé de tuer cet homme, ni mes ancêtres. Nous n’étions pas une lignée de tueurs, mais de protecteurs. Et l’idéal du clan Miyamoto était un idéal de justice, pas de violence. Il n’y avait qu’une voie toute tracée pour chercher cela.
D’un geste vif je frappais violemment la lame de mon opposant du plat de la mienne, la lui arrachant des mains par la même. Il restait debout, montrant son incroyable volonté.
Deux aller-retours rapides enfoncèrent la lame du katana dans ses poignets. Droite, propre. Puis elle retourna au fourreau tandis que je reprenais de la distance. Alors que j’atteignais la limite de la clairière je fis de nouveau face au blessé :


‘’ Je n’ai pas touché les veines de tes poignets, si tu bandes ta jambe maintenant tu pourras survivre. Tu dois avoir une autre raison de vivre que de ne jamais perdre non ? Et si tu n’en as pas, dis-toi qu’un de ces quatre je t’offrirais ta revanche. Par contre, j’ai sectionné tes tendons. Pendant quelques mois tu ne pourras pas manier ton épée. De vainqueur à perdant j’ai envie de te proposer ça : si tu veux mourir pour avoir perdu j’aimerais que tu attendes de pouvoir à nouveau manier un sabre. Ah, et ça te prendra bien plus d’un mois pour récupérer toute ta force. Peut-être même plus d’une seule année. Profites-en pour te poser les bonnes questions et progresser dans ta maitrise technique. Si on doit s’affronter à nouveau, je voudrais que tu sois plus fort qu’aujourd’hui. ‘’

J’écartais la menace pour un peu plus d’un an, et je lui laissais l’opportunité de progresser humainement et techniquement. C’était une bonne chose pour le clan, la voie du sabre, et la voie des hommes. Qu’il me prenne pour un lâche ou non, qu’il ait soif de vengeance ou non, peu m’importait au fond.
Tout ce qui importait c’était ma conception de la justice.


‘’ Par contre, la prochaine fois, s’il y a des témoins tu sauras que tes propos ne resteront pas entre nous. Du coup je n’aurais pas le loisir de t’épargner si tu offenses de nouveau des personnes auxquelles je tiens. Ta chance insolente ne te sauvera que cette fois-ci. ‘’

Il restait cette histoire de samouraï en tenue blanche à résoudre cependant. Mais je devais soigner ma blessure et terminer la journée en mangeant quelque chose et en prenant un peu de repos bien mérité.
Je m’occuperais de cette histoire le lendemain.


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MessageSujet: Re: Les deux samouraïs et la source cachée [PV Shôma] [Terminé]   Sam 28 Nov - 19:36

Le dernier sursaut de volonté de Shôma, qui avait voulu emporté son adversaire dans la mort, venait de disparaître d’un seul moulinet du petit samouraï. Désormais désarmé et complètement à la merci de son opposant, il ne lui restait plus qu’une chose à faire : renoncer. La vie du vaincu appartient au vainqueur. C’est la loi implacable et logique d’un duel à mort.
Ce n’était pas la douleur dans la cuisse qui était la plus terrible à supporter pour le jeune général, mais plutôt le fait d’avoir été battu par quelqu’un comme ce Shiori. Depuis qu’il était tout petit, Shôma vivait pour être plus fort qu’autrui. Pour être le plus fort. Depuis qu’il avait vaincu le vieux Tekkun, il avait cru s’être rapproché de cet objectif. Mais voilà qu’un type court sur pattes et sans esprit combattif venait de le ridiculiser.
Quand il avait été vaincu par Tekkun, c’était autre chose. Le vieux général était une légende, et un guerrier endurci, tenace et belliqueux. Ce type était un inconnu, qui ne comptait que sur la vitesse et la technique, et qui n’avait de surcroit pas la volonté de se battre pour se batte. La pilule était bien plus dure à avaler.
Que ce soit le talent ou l’envie, il n’y avait pas d’excuse sous-jacente. Ce type n’avait pas de dons naturels plus forts que les siens, ni une plus grande envie de gagner. Dans les deux cas, c’était même carrément l’inverse. Ce n’était même pas une question d’expérience. C’était juste une différence de bonne étoile. Shiori avait eu un enseignement plus abouti et plus efficace.
Ou peut-être …

« J’ai une question, avant que tu me tues … »

Il voulait lui demander quelle était sa force cachée. Qu’est-ce qui avait fait qu’il avait perdu alors que rien ne le laissait présager. La foi ? L’intelligence ? La surprise ? Shôma n’arrivait pas à laisser sa défaite sur le compte de l’enseignement de son grand-père. Pour lui le Hane Houou était la plus forte des techniques. Il avait dû faire une erreur ailleurs.
Il y avait quelque chose à découvrir. Et il n’en aurait plus le loisir. L’idée était affreuse. Ne pas savoir pourquoi il avait perdu était bien pire que d’avoir perdu tout court.

Un hoquet traversa Shôma lorsque la lame du samouraï lui perfora les deux poignets, sectionnant net ses deux tendons. Il ouvrit grand les yeux devant le discours de Shiori. La vie sauve ? C’était pire que tout. Il le laissait là, avec ses questions, ses doutes, et la honte cuisante d’avoir perdu. Il ne pouvait même pas se donner la mort. Comment le pourrait-il, alors qu’il avait l’opportunité de se venger un jour ? Il allait devoir surmonter la honte s’il voulait prouver que l’enseignement du vieux était le meilleur de tous. Que ses muscles étaient les plus forts. Que sa technique était la plus efficace. Ce type venait de faire un ennemi mortel avec un calme déconcertant.
L’opinion de Shôma venait radicalement de changer sur lui.

** Il a déjà tué. S’il avait voulu faire simple il l’aurait fait. Il me dit qu’il me défiera de nouveau un jour en plus. Se pourrait-il que ce type soit plus combattif que je ne l’ai imaginé jusqu’ici ? **

Alors que Shiori s’éloignait :

« Attends. Shôma. Je m’appelle Shôma. Je me rappellerais de ta clémence, Shiori, sois en sûr. Quand j’aurais pris ma revanche et que tu seras mort, j’irais présenter mes respects à ta famille et à ton seigneur et j’évoquerais quel incroyable guerrier tu étais. Je peux te promettre ça. »

Shôma ferma les yeux un bref instant, et ajouta :

« Et … Je retire ce que j’ai dit. »

Ca ne lui avait pas tant coûté que ça, finalement. Il n’avait prononcé ces paroles qu’en pures provocations, rien de plus. Il n’en avait pas pensé un mot. Shiori partit. Shôma banda sa jambe du mieux qu’il put avant de commencer à se trainer au-dehors de la forêt. Il pensait déjà aux conséquences de sa défaite. Karasu et Ten’shi allaient-ils se foutre de lui ? Ils n’avaient jamais vu leur commandant perdre un affrontement, ce serait nouveau pour eux.
Et puis, il allait devoir continuer à accomplir son devoir pendant une année sans utiliser les tendons de ses poignets. Plusieurs mois sans manier l’épée. Puis plusieurs autres mois en la maniant diminué. Peut-être que son style ne serait plus jamais le même ?

** Je dois me renseigner sur cette vieille technique dont parlait papi. La technique ultime du Hane Houou. Il m’en a parlé une fois. Il disait qu’elle était dangereuse et qu’il ne voulait pas l’enseigner. Pourtant, si je retombe sur cet adversaire, il me manquera quelque chose pour le vaincre. C’est peut-être ça ? **
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